20,6 millions de m3 de bois coupé illégalement, grâce à une entreprise autrichienne et le gouvernement roumain

« La mafia roumaine de l’exploitation forestière m’a ruiné »

© Xander Stockmans

Le garde forestier Leontin Malita a été attaqué avec un objet métallique. Il ne voulait pas participer à l’exploitation illégale de sa forêt près de Timișoara.

«Je les empêchais de faire leur petit trafic », déclare-t-il en étalant le rapport médical et les photos de ses blessures sur la table du salon. « Ils marquent par exemple cent mètres cubes de bois à la coupe, mais en retirent trois cents. Pour récupérer ce bois supplémentaire dans la forêt, ils doivent évidemment avoir le garde forestier de leur côté, pour qu’il ne l’interdise pas. »

Mais le garde forestier Leontin Malita est venu contrecarrer leurs plans, et n’aidait plus à l’exploitation illégale de la forêt.

Le 11 juillet 2018, il a survécu à un attentat à sa vie dans sa forêt, près de Timișoara. « Je ne me souviens pas de grand-chose », raconte-t-il. « L’incident a été classé « accident de travail ». Une branche serait tombée sur moi. Mais avec mes blessures – tympan éclaté, fracture du crâne, bras droit cassé, côtes cassées mais aucune éraflure – le médecin a déduit que j’avais été frappé à répétition avec un objet en métal dur. C’est écrit noir sur blanc dans le dossier médical. »

M. Malita pense que ses supérieurs de l’entreprise publique Romsilva sont responsables de l’attaque. Lorsqu’il est revenu jeter un œil dans le bois, après son séjour à l’hôpital, M. Malita a constaté que des arbres avaient été coupés.

« Dans tout le pays, il y a sans cesse des incidents dont personne n’entend jamais parler. Mais je ne veux plus me taire. »

« Le garde forestier n’est qu’un élément du schéma. Trois quarts des gardes forestiers sont complices. Ils n’ont rien à faire du métier ou de la forêt. Ils s’intéressent plus aux nouvelles maisons et voitures qu’ils peuvent acheter avec leurs pots de vin. On peut gagner beaucoup d’argent sous couvert de légalité. Dans chaque district, ils essaient d’exploiter la forêt au maximum. Et si vous vous révoltez contre un petit chef d’une petite zone forestière, vous vous mettez toute la mafia du bois à dos. »

« Tout le monde est en effet au courant ici. Et en parler revient à se mettre en danger. Ce qu’il m’est arrivé, arrive à des gardes forestiers dans toute la Roumanie. Dans tout le pays, il y a sans cesse des incidents dont personne n’entend jamais parler. Mais je ne veux plus me taire. »

De plus en plus de gardes forestiers deviennent des lanceurs d’alerte et refusent de participer à l’exploitation forestière illégale dans leurs forêts. Certains en paient d’ailleurs le prix fort.

Le 16 octobre, le garde forestier Liviu Pop a été abattu avec un fusil de chasse alors qu’il essayait d’éviter une coupe illégale dans une forêt privée de Maramureș. Un mois plus tôt, Răducu Gorcioaia a été assassiné dans une province voisine. Le directeur de Romsilva a fait savoir sur sa page Facebook qu’il a enregistré seize cas d’agression contre des gardes forestiers en 2019. Depuis 2014, six gardes forestiers roumains ont été tués et 184 attaqués.

Leontin en est ressorti terrorisé et avec un compte en banque pillé. Romsilva l’accuse d’avoir lui-même permis l’exploitation forestière illégale et le renvoie. « Je dois payer 200 000 lei (soit plus de 40 000 euros) de dommages et intérêts. Ils ont ruiné financièrement mon ménage. »

Appétit pour le bois

Ces dix dernières années, 38,6 millions de mètres cubes de bois ont disparu des forêts roumaines, dont 20,6 millions ne sont pas couverts par un permis d’abattage officiel. En d’autres termes : chaque année, lors des dix dernières années, une forêt aussi grande que deux fois Anvers a été abattue illégalement.

Le gouvernement roumain tient ces informations explosives de l’ Inventaire National des Forêts Roumanie, un organe du gouvernement, qui est déjà certainement derrière ces plans depuis 2014. Mais les journalistes d’investigation du RISE Project ont pu se procurer les documents et les publier. La Direction de l’enquête sur le Crime organisé et le terrorisme (DIICOT) mène l’enquête.

La valeur de ce bois ? Près d’un milliard d’euros. Une partie de celui-ci est visible dans les bénéfices des entreprises d’exploitation forestière illégale roumaines et d’anciennes entreprises de transformation du bois autrichiennes. Leurs produits issus du bois se vendent dans toute l’Union européenne. La plus grande de ces firmes est la Holzindustrie Schweighofer.

On peut aussi retirer un schéma intéressant dans cette étape de la chaîne. Tout d’abord, le gouvernement roumain a aidé la Holzindustrie Schweighofer à mettre en place une entreprise de transformation du bois en Roumanie. Ensuite, l’entreprise publique Romsilva est elle-même devenue le plus grand fournisseur de bois de la Holzindustrie Schweighofer. Et, il faut le souligner : Romsilva gère à la fois les forêts publiques destinées à l’exploitation et les parcs nationaux. Elle peut donc ouvrir les parcs nationaux à l’exploitation forestière si elle le souhaite.

Schweighofer peut transformer plus de bois que ne peuvent en fournir les entreprises d’exploitation forestière, ce qui crée un appétit pour le bois insatiable.

En 2002, l’entreprise autrichienne a signé un contrat avec l’État roumain. Le contrat garantissait que Romsilva leur vendrait la moitié de tous les épicéas et les pins issus des forêts publiques, ainsi que ceux issus de parcs nationaux. Le site a entre-temps acquis une capacité de production gigantesque : l’entreprise peut traiter plus de bois que ce que les entreprises d’exploitation forestière roumaines n’ont jamais pu en fournir. La Roumanie peut produire chaque année environ trois millions de mètres cubes de bois de pin et d’épicéa, alors que la capacité de production de Schweighofer en Roumanie est de quatre à cinq millions de mètres cubes.

Cela a créé un appétit insatiable pour le bois. Cela a encouragé les entreprises d’exploitation forestière roumaines à couper autant de bois que la limite légale le permet, mais aussi à utiliser toutes sortes de techniques créatives pour couper davantage que permis.

« Tout le modèle d’entreprise de la Holzindustrie Schweighofer est basé sur le fait que les fournisseurs leur achètent autant de bois que possible. » écrit l’Environmental Investigation Agency.

© Xander Stockmans

Dans le parc national de Domogled un camion de Romsilva descend, chargé de 15 mètres cubes de hêtres issus d’une forêt où les arbres ont environ 190 ans.

Commerce illégal et intimidation

Romsilva coupe et vend à la Holzindustrie Schweighofer : c’est une sérieuse source de revenus pour les caisses publiques de l’État roumain. L’entreprise autrichienne reçoit alors la garantie d’un apport de bois roumain continuel et de revenus confortables.

« Ce schéma les a aidé à s’étendre rapidement », affirme David Gehl de l’ Environmental Investigation Agency, une ONG internationale qui enquête déjà depuis des années sur l’entreprise autrichienne. « Ils ont conclu des contrats avec des entreprises d’exploitation forestière roumaines corrompues, qui seront même condamnées plus tard pour faux en écriture. La signature du premier PDG de Schweighofer en Roumanie se trouve sur tous ces contrats. »

Le deuxième plus grand fournisseur de la Holzindustrie Schweighofer est Frasinul, une des entreprises d’exploitation forestière les plus tristement célèbres. Les activités illégales du chef d’entreprise Traian Larionesi bénéficient de la protection de la police roumaine, comme le documente une étude du Département national anti-corruption.

Schweighofer accepte du bois d’entreprises examinées par des instituts anticorruption. La police antimafia a d’ailleurs pénétré dans les bureaux de Schweighofer.

Plusieurs agents de police haut placés ont intimidé leurs subalternes qui mènent l’enquête sur les activités illégales de Frasinul. Ainsi, Frasinul a pu éviter divers contrôles de police et contrôles par des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères. Un conseiller de l’ex ministre de l’Environnement, des Eaux et des Forêts a pris la défense du chef d’entreprise.

Jusqu’à présent, la Holzindustrie Schweighofer accepte du bois de Frasinul. La Direction de l’enquête sur le Crime organisé et le terrorisme (DIICOT) a alors démarré une enquête sur l’entreprise autrichienne en 2015, suite à un rapport de l’Environmental Investigation Agency, pour « liens avec le crime organisé, l’exploitation forestière illégale, évasion fiscale et concurrence déloyale ».

Trois ans plus tard, le 30 mai 2018, les agents de la DIICOT ont pénétré dans plusieurs usines et bureaux de la Holzindustrie Schweighofer. Ils ont trouvé des preuves que 27 fournisseurs d’une seule priovince, Maramureș, ont fourni, entre janvier 2014 et avril 2015, 165 000 mètres cubes de bois illégalement coupé à l’usine de la Holzindustrie Schweighofer de Sebeș.

© Pieter Stockmans

Dépot de bois de la société roumaine d’exploitation forestière Frasinul dans le parc naturel des montagnes Maramureș

Système GPS pour surveiller l’origine

Un an plus tôt, Schweighofer avait perdu son célèbre certificat FSC de bois issu de production durable. Un panel d’experts de la FSC a écrit dans son rapport d’enquête avoir trouvé « des preuves claires et convaincantes » que la Holzindustrie Schweighofer achète du bois illégal, et qu’elle était « systématiquement, directement et indirectement, impliquée dans le commerce de bois illégal ».

La condition pour pouvoir récupérer le certificat : garantir une traçabilité totale du bois acheté.

Avec sa capacité de production gigantesque, la Holzindustrie Schweighofer se met elle-même la pression économique d’accepter toujours plus de bois. Et d’un autre côté, elle était mise de plus en plus sous pression – par les écologistes, la FSC et les instituts anticorruption roumains — pour diminuer la quantité de bois acceptée. La conscience de l’exploitation forestière illégale a aussi augmenté chez la population roumaine, tout comme la pression exercée par le gouvernement roumain pour exiger une plus grande transparence de Schweighofer.

C’est la raison pour laquelle Schweighofer est arrivée en 2017 avec TimFlow, un système de suivi GPS qui devait être capable de permettre à l’entreprise de ne plus accepter de bois de parcs nationaux et de sources illégales.

Schweighofer est arrivée en 2017 avec TimFlow, un système de suivi GPS qui devait être capable de permettre à l’entreprise de ne plus accepter de bois de parcs nationaux et de sources illégales.

« Si les entreprises veulent continuer à nous fournir du bois, leurs camions doivent installer un GPS qui enregistre leur trajet depuis l’entrepôt à notre usine. Ainsi, le lieu de chargement exact est toujours connu. Depuis le 1er avril 2017, on a enregistré avec TimFlow 20 345 livraisons à notre usine de Sebeș », explique le manager de l’usine Ionuț Batîr.

David Gehl de l’Environmental Investigation Agency ne pense pas que cela sera suffisant pour récupérer le certificat FSC. Deux problèmes se posent en effet.

Tout d’abord : le GPS trace l’origine du bois seulement jusqu’à l’entrepôt et ne remontent pas jusqu’à la forêt même. Dans la moitié des cas, le bois provient d’un entrepôt. Des centaines d’entrepôts rassemblent du bois coupé dans les environs. La Holzindustrie Schweighofer accepte du bois de plus de 250 entrepôts répartis dans toute la Roumanie. Et les entreprises d’exploitation forestière roumaines comme Frasinul continuent à rassembler du bois de parcs nationaux et du bois coupé illégalement.

En outre, Frasinul gère elle-même divers entrepôts, point de départ de camions en direction de la Holzindustrie Schweighofer. « Les géants autrichiens du bois continuent à accepter l’environnement corrompu de leurs fournisseurs », dénonce David Gehl.

© Xander Stockmans

Ionuț Batîr est manager de l’usine Holzindustrie Schweighofer dans la ville roumaine de Sebeș. Il donne des explications sur leur système de suivi GPS TimFlow qui leur permet de ne plus accepter de parcs nationaux et de sources illégales

Ionuț Batîr réagit : « Nous surveillons régulièrement nos fournisseurs par des audits sur le terrain. Ils doivent montrer le document d’origine et nous l’ajoutons alors à notre base de données de parcs nationaux dans TimFlow. Il faut espérer que nos contrôles garantissent que nous acceptons uniquement du bois coupé de manière légale et durable. »

David Gehl signale immédiatement le deuxième problème : « Nous avons enquêté sur une affaire où l’un de ces entrepôts a fourni une liste à la Holzindustrie Schweighofer où sont mentionnées les forêts où le bois est coupé, alors que le bois provenait d’autres forêts selon nos informations. Ils ont donné à Schweighofer une liste non exhaustive avec seulement les « bons » endroits. Ils ont ainsi pu y mêler du bois issu de parcs nationaux. »

Gerald Schweighofer, créateur de la société autrichienne, a reconnu dans plusieurs interviews que ce n’est pas impossible, mais dit être désormais impuissant. « Nous sommes la seule entreprise à aller aussi loin », dit le manager Ionuț Batîr. « Nous allons plus loin que l’exige la législation roumaine, avec une transparence maximale. Nous essayerons à l’avenir d’évoluer vers un système où nous acceptons seulement du bois directement issu de la forêt, et non d’entrepôts. Ce serait l’idéal. »

Le verdict de l’Environmental Investigation Agency reste dur. « Vous pourriez avancer que Schweighofer est dupée par ses fournisseurs, qui veulent leur faire acheter du bois coupé illégalement. Mais il ne faut pas exagérer et dire qu’ils sont les victimes. Ils sont même complices. Ils continuent leur activité avec leur gigantesque capacité de production, conscients de toutes les étapes avant eux dans la chaîne. », déclare David Gehl.

Entre-temps, Schweighofer importe la moitié du bois transformé dans leurs usines roumaines de pays voisins où aucun système de suivi n’est appliqué.

« Et plus encore : tant qu’ils ne diminuent pas leur capacité de production, ils restent la principale force motrice d’exploitation forestière illégale en Roumanie, poursuit-il, même avec la plus grande transparence possible. Apportez-nous votre bois reste leur message. »

« Ils doivent arrêter d’acheter du bois à des entreprises telles que Frasinul ou d’entrepôts de bois », souligne M. Gehl. « Autrement, ils continuent à accepter et encourager l’exploitation forestière illégale et la corruption. En tant que plus grand transformateur de bois en Roumanie, ils ont une responsabilité foudroyante. Leurs achats ont le plus grand impact sur toute la gestion forestière et la déforestation en Roumanie.

Selon les estimations du RISE Project, plus de 100 000 hectares de forêt ont été redirigés vers les usines de Schweighofer entre 2004 et 2020. Si cela continue à ce rythme, 22 pourcents de toutes les forêts roumaines auront disparu d’ici trente ans. Parce que les fournisseurs d’une seule entreprise sont encouragés à satisfaire la capacité de production de cette entreprise.

Ionuț Batîr appelle “défi” d’exclure différentes formes de bois, alors que la capacité de production en supporte bien plus. Une des solutions est de ne plus acheter en Roumanie, mais d’importer de pays comme la Slovaquie.

Entre-temps, Schweighofer importe la moitié de tout le bois transformé dans ses usines roumaines de pays voisins qui n’appliquent pas de système de suivi. Et en Slovaquie aussi, il existe d’énormes problèmes d’exploitation forestière illégale et d’abattage dans les parcs nationaux.

Finalement, Schweighofer garantit l’origine durable de seulement vingt pourcents de son bois.

© Agent Green

Coupe d’un flanc de montagne dans le parc naturel des montagnes Maramureș

Biomasse, pellets de bois et sols

La Holzindustrie Schweighofer transforme le bois en produits ensuite vendus à des entreprises fabriquant des biocarburants et du bois pour les matériaux de construction.

Plus de 60 pourcents de leur exportation sont ensuite acheminés vers les plus gros importateurs japonais de matériaux de construction pour maisons en bois via le port de Constanța, et vers des pays comme l’Arabie Saoudite, le Koweit, Israël et la Turquie.

La semaine passée, dans le port de Constanța, la douane a saisi du bois d’une valeur de 800 000 euros, une cargaison de la Holzindustrie Schweighofer, destinée à l’exportation pour le Japon, l’Arabie Saoudite et le Koweit. Le ministère public a ouvert quatre dossiers pénaux sur de possibles documents falsifiés.

La Holzindustrie Schweighofer exporte le reste du bois roumain sous la forme de pellets pour biocarburants vers 21 États membres de l’Union européenne, dont la Belgique. Ce sont surtout des magasins en Autriche, Slovénie, Bulgarie, Tchéquie et en Italie qui font partie de leurs plus gros clients. L’Allemagne figure aussi dans le top 10.

Les acheteurs principaux sont les entreprises de biomasse autrichienne Genol et Drauholz qui vendent des pellets de bois en Autriche, Italie, Slovénie et Tchéquie.

Les subventions pour la bioénergie provoquent une augmentation constante de la demande en bois dans l’Union européenne, qui est directement liée à la déforestation.

La Commission européenne s’attend à ce que la biomasse contribue beaucoup aux objectifs d’énergie renouvelable. La majeure partie de la biomasse utilisée pour le chauffage et l’électricité provient du bois et trois quarts de celle-ci provient directement de la forêt.

Les subventions pour la bioénergie provoquent une augmentation constante de la demande en bois dans l’Union européenne. L’Union européenne est le plus grand producteur de pellets de bois au monde, avec cinquante pourcents de la production mondiale.

La demande croissante en biomasse est directement liée à la déforestation en Europe et est un accélérateur important de l’exploitation forestière illégale des forêts roumaines.

Selon le règlement de l’Union européenne, l’origine de tous les produits en bois sur le marché européen et le commerce de ceux-ci sont légaux. Pourtant, le Parlement européen a permis en 2018 que la bioénergie issue de l’exploitation forestière non durable puisse continuer car énergie verte, malgré les avertissements d’éminents climatologues. Des troncs d’arbres entiers peuvent être transformés en pellets de bois, à l’image de Schweighofer avec les arbres roumains.

Le problème est que tout le carbone stocké dans ces troncs est libéré dans l’atmosphère. Dans notre tentative de sortir des combustibles fossiles tels que le pétrole et le gaz, afin de réduire les émissions de CO2, nous émettons à nouveau beaucoup de CO2.

D’autres acheteurs de Schweighofer sont par exemple le grand fournisseur énergétique Enel (partiellement propriété du gouvernement italien), le producteur de papier Papierholz, certaines chaînes de magasins de bricolage en Roumanie, Allemagne, Italie et Autriche, des producteurs de stratifié autrichiens, la chaîne de supermarché Spar en Autriche et une entreprise française qui vend aussi du bois de construction et du contreplaqué.

IKEA en profite aussi

L’entreprise suédoise IKEA est l’un des plus grands fabricants de meubles au monde. IKEA utilise chaque année un pourcent de l’approvisionnement mondial de bois pour produire cent millions de meubles. Et en Europe, beaucoup de ce bois provient de forêts roumaines.

Les deux autres grandes entreprises de transformation du bois autrichiennes actives en Roumanie, Kronospan et Egger vendent des panneaux de fibres à des entreprises roumaines qui assemblent des meubles IKEA et les transportent ensuite vers des magasins IKEA  à travers l’Europe.

« Des troncs de hêtre vieux de plusieurs siècles, autrefois aussi classés domaine Natura 2000, vont à l’usine de Kronospan dans la ville roumaine de Sebeș avant d’être transformés en panneaux à fibres pour IKEA » déclare David Gehl. « Nous pouvons observer des pratiques destructrices des entreprises d’exploitation forestière, comme des troncs d’arbres charriés pendant des kilomètres par des fleuves de montagne aux écosystèmes uniques. »

D’épais nuages de fumée s’échappent continuellement de la cheminée de Kronospan, à Sebeș. L’entreprise y produit du formaldéhyde, avec lequel elle colle les panneaux d’aggloméré. L’organisation mondiale pour la santé classe le gaz comme cancérigène passé une certaine concentration.

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IKEA est elle-même aussi propriétaire de forêts en Roumanie. En outre, IKEA est aussi le plus grand propriétaire forestier en Roumanie. Le fabricant de meubles a acheté 33 000 hectares de forêt roumaine appartenant autrefois à l’université américaine d’Harvard.

Cette opération s’est aussi organisée dans la corruption. Le Organized Crime and Corruption Reporting Project, un collectif de journalistes d’investigation et de chercheurs, a étudié le cas : “ Harvard a racheté une partie de ces forêts en 2004 à un groupe controversé d’hommes d’affaires roumains dont un dossier avait été ouvert pour cause de corruption. »

« IKEA a acheté les forêts en juin 2015 à des entreprises offshore liées au fonds d’investissement d’Harvard, pour 56 millions d’euros. Et trois mois auparavant, le Roumain qui avait acheté les forêts pour Harvard, a été condamné à une peine de prison. »

« Le procureur public a lancé une enquête sur les premiers propriétaires roumains pour fraude, blanchiment et liens avec le crime organisé. De nombreux produits en bois d’IKEA, que l’on peut acheter dans leurs magasins en Europe, sont fabriqués avec du bois issu de forêts roumaines. 

 

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