Mali du Nord: l'Afghanisation du desert?

‘Les choses sont allées bien vites ces derniers mois. Nous avons tous été prit au dépourvu et aucun observateur n’avait prévu ce qui vient de se produire en Tunisie, en Égypte, en Lybie et pratiquement dans le même ordre : la chute subite du régime d’Amadou Toumani Touré, la déliquescence de l’appareil  de l’Etat Malien, puis la partition du pays en deux .’ Intagrist El Ansari, journaliste, auteur et réalisateur originaire du Mali analyse la situation au Nord depuis la Maurétanie

Les réalités ne sont certes pas le mêmes, mais ce qui est intéressant c’est de constater la similitude notamment quant à la vitesse à laquelle les pouvoirs centraux de ces pays ont étés  totalement défaits, sans finalement recourir à une force majeure, excepté  pour l’ancien régime Libyen cerné par les bombardements de l’OTAN.   

Dans le cas du Mali, on serait tenté de dire, que « tout » ce qui arrive dans sa partie Sahélo – Saharienne serait dû à la chute du régime de Kadhafi et donc le résultat de la guerre engagée par l’OTAN en Libye sur la volonté Française.
Il y a l’effet de la guerre Libyenne, dans ce qui se passe au Mali, mais pas seulement .

Au Sahel/Sahara, on est face à un problème, d’abord géopolitique, d’une grande complexité avec des enjeux autant multiples que les acteurs, pour beaucoup d’observateurs, les plus avertis, c’est là que « se décide l’avenir du Monde », en raison des ressources non exploitées et que le Sahara renferme ; en suite, on est devant des conséquences directes d’une configuration géographique et socio-culturelle, pas très bien pensée, par l’ancienne administration coloniale, qui en traçant les frontières, comme elle l’avait fait à la décolonisation, pensait pouvoir rester maitre et garder la main mise sur ce grand espace en tentant de confier la gestion politique et territoriale des Peuples très différents culturellement et du point de vue de l’Histoire, aux états postcoloniaux, nouvellement crées et dont la politique, pour certains est encore décidé, en grande partie à Paris.

Colonialisme, indépendance & développement

L’espace Saharien est celui devant lequel la pénétration coloniale avait eu, le plus de mal, d’abord à entrer, puis à y  asseoir son pouvoir, après la pacification avec les tribus Touaregs, en fin du XIXème siècle.

La différence, n’est pas tant le problème dans cette histoire, mais c’est arriver à s’accepter, tout en étant différent, tout en reconnaissant l’autre dans sa différence, c’est là le défis que le Mali n’est visiblement, pas arrivé à relever, même au bout de cinquante ans d’indépendance.

Et la demande d’un développement juste et durable au Nord-Mali a toujours été centrale, dans les revendications des populations de cette région, comme l’affirme Mohamed Ag Malha, un haut cadre intellectuel et leader Touareg, issu de la tribu Kel Ansar, il est un fin connaisseur de la question : « On a toujours tressé, politiquement, les  cheveux sur les poux : le problème du nord n’a jamais été sérieusement réglé. Depuis 1963, date de la première rébellion ».

Ceux sont-là, les paramètres essentiels, à garder à l’esprit pour mieux cerner la question et l’actualité Sahélo-Saharienne, tout en prenant la hauteur permettant de mieux observer une problématique dont la complexité ne fera que s’élargir, en raison des transformations permanentes et rapides et des enjeux multilatéraux d’un monde de plus en plus ouvert, interdépendant et aussi complexe.

Le Guide de Tripoli

Dans cette actualité, il est de toute évidence, que l’effondrement du régime du guide de Tripoli, profitera nettement à la nouvelle insurrection Touareg dans le Nord-Mali. C’est peut-être ce que l’on peut nommer « le gain de l’Histoire ».
En effet, Mouammar Kadhafi avait lancé un appel dans les années 80, aux jeunes Touaregs issus du Mali et du Niger, il les a formés militairement et les a intégrés en tant que soldats, ils ont combattu, à son compte au Liban, en Palestine et au Tchad. Ils sont, en suite, restés dans l’armée Libyenne.

Depuis lors Kadhafi ne cessera d’entretenir des relations ambivalentes avec la région Sahélo-Saharienne, (Nord Mali et Nord Niger) et précisément avec ses habitants, pour lesquels il disait vouloir un « Sahara prospère ». Il créa en 2006, à Tombouctou « l’Association des tribus du Sahara », avec certains responsables de ces régions qu’il manœuvre à sa guise et en complicité avec les autorités de Bamako que « le guide » tient grâce à des investissements juteux, particulièrement dans la capitale Malienne  et à l’intérieur du pays.

Il faudra, alors attendre la chute du régime de Kadhafi, en octobre 2011, pour que « la contre partie » de l’engagement depuis les années 80, des jeunes Touaregs désœuvrés, à ses côtés, ne profite, aux rébellions, comme ces Touaregs le souhaitent, dans leurs régions d’origines. En somme, toute la force que Kadhafi avait mis en eux, ne leur servira, qu’au déclin du pouvoir de celui-ci.
En d’autres termes, ce n’était pas avec la rébellion de 1990, comme beaucoup d’esprits l’avaient cru, que la relation avec Kadhafi profitera militairement aux combats des Touaregs.

Fin 2011, ils sont environ quatre cents hommes, originaires, pour les plus part, des régions du Nord-Mali, à partir de Lybie, encore sous l’assaut de l’OTAN.
Ils vont traverser le grand désert et passer les frontières communes au Niger et à l’Algérie très lourdement armés, ils aboutirent au Nord-Est Malien pour y établir leur première base, dans des massifs montagneux de la région de Kidal.   

AQMI, MTNM et le MNLA

Dès lors, tous les yeux du Monde sont tournés vers cette partie du Sahel-Sahara, déjà dans une configuration complexe, en raison notamment de la présence d’Al-Qaida au Maghreb Islamique, (AQMI), présence qui rend impossible le voyage des occidentaux dans cette zone, ils étaient menacés de rapt par l’organisation islamiste, issue du déclin du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) Algérien, plus les nombreux trafics, dont celui de la drogue, qui sévissent impunément, dans un territoire de huit cent mille kilomètres carrés.   

Ces anciens militaires Libyens feront une alliance avec des hommes du Mouvement Touareg du Nord Mali (MTNM), dirigé par le défunt Ibrahim Ag Bahanga. Il décédera en Août 2011. Ag Bahanga était le dernier chef rebelle qui tenait encore tête, militairement au régime de Bamako.

La nouvelle coalition verra, alors le jour sous le nom de : Mouvement National pour la Libération de l’Azawad, (MNLA). Assez bien structuré militairement, ce mouvement dispose d’une force de frappe inédite, il est composé d’un état major, piloté par Mohamed Ag Najim, un ancien colonel de l’armée Libyenne, qui a regagné le Mali avec ses hommes. Ensemble, ils constitueront, la force de la nouvelle rébellion au Mali, organisé en unités mobiles pratiquement indépendantes les unes des autres. Ils seront rejoint, une fois la guerre déclenchée, par des déserteurs de l’armée malienne : il s’agit d’anciens intégrés (tous issus du Nord-Mali) dans les différents corps, administratif et militaire du Mali, suite aux précédents accords de paix.

Cependant, le MNLA manque crucialement de fond idéologique, politique et surtout intellectuel, essentiel à toute Révolution voulant atteindre son objectif avant de s’essouffler ! Cette carence  se manifeste, dans un discours véhiculé qui est plus issu d’un esprit « syndicaliste » avec ses lamentations, plus qu’il ne reflète la Pensée et la Conception du Monde selon le Touareg et le Saharien en général. La rhétorique choisie fait  référence intrinsèquement, à la « Berbérité », elle tente ainsi de couper les Touaregs de leur histoire ancienne, prenant racine dans les plus vieilles Civilisations du Monde, depuis le Royaume Yéménite de Saba, et donnant naissance, après un long parcours identitaire et syncrétique, à des sociétés Touaregs dont la diversité fait la richesse et l’originalité.   

Déclaration de guerre

Toutefois, cette forme d’organisation assez solide militairement et boiteuse intellectuellement, suffira pour déclarer ouvertement la guerre aux autorités de Bamako, lorsque celles-ci renforceront leur présence militaire dans la région de Kidal, en fin 2011. Cette déclaration est aussi le signe d’échec de tentatives de négociations entreprises par Bamako avec certains des hommes revenus de Lybie.

Alors, la balle est définitivement tirée, le 17 janvier 2012, quand survient la première attaque du Mnla dans la localité de Ménaka au Nord-Est malien, près de la frontière Nigérienne. Le lendemain, ces rebelles attaqueront deux autres camps militaires, dans les villes d’Aguelhoc et de Tessalit, situées dans la région de Kidal, à la frontière Algérienne.
 
Ce sera le point de départ deux mois de conflit, au cours desquels l’armée Malienne quittera peu à peu la partie nordique du Mali, en opérant « un repli tactique », selon les termes des communiqués qui émanent des cellules des forces armées, alors que le Mnla avancera et contrôlera progressivement cette partie du pays appelé également, l’Azawad : territoire revendique par les rebellions Touaregs successives, comme « le Pays à libérer de l’occupant : l’Etat Malien ».

Cette situation, n’est pas sans générer des conséquences humanitaires inquiétantes : le bureau des Nations Unies, pour l’humanitaire, l’OCHA, parle de 320 000 déplacés et réfugiés dans les pays voisins : l’Algérie, la Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso, d’importants camps abritent ces exilés.

Ançar Dine

Avec l’apparition, en mars, du mouvement Ançar Dine, prônant un islam fondamentaliste, voulant instaurer « la charia dans tout le Mali », et surtout, qui ne revendique nullement l’indépendance de l’Azawad, la donne se complique. Et le Mnla se retrouve, alors, en perte de vitesse.
Pour cause, Ançar Dine est mené par un chef de guerre : Iyad Ag Ghali, qui fût le leader militaire de la rébellion des années 90. Très réputé, il a, également servi, de nombreuses fois, depuis 2003, de médiateurs, pour la libération d’occidentaux qui étaient détenus par Aqmi.
On parle d’une forte imbrication avérée entre Aqmi et Ançar Dine, ce qui complique davantage la situation.

Sur le terrain militaire, le Mnla et Ançar Dine mènent ensemble, certaines batailles contre l’armée malienne, notamment à Aguelhoc et à Tessalit.
Mais dans sa communication le Mnla niera cette coalition. Ançar Dine bénéficiant du soutien logistique d’Aqmi tient tête militairement et s’affirme de plus en plus en maitre des lieux !

Et dans le sud du pays, les choses vont mal. A Bamako, la rébellion provoquera, indirectement, un coup d’état militaire, renversant le président Amadou Toumani Touré, le 22 mars. Les institutions sont dissoutes. Du coup, la situation se dégrade au nord du Mali à présent vidé de l’armée Malienne et contrôlé totalement par les divers groupes : les rebelles du Mnla, les Islamistes d’Ançar Dine  et d’Aqmi, des milices locales et par des trafiquants de tous genres.  

Kidal, Gao et Tombouctou

Aqmi serait aujourd’hui mieux armée que les armées maliennes et burkinabés réunies.
l’Histoire retiendra ces trois dates importantes : 30, 31 Mars et le 1er Avril, ces 72 heures verront se détacher de la carte du Mali, ses trois régions septentrionales : Kidal, Gao et Tombouctou.

Et pour couronner le tout, le 06 avril, le Mnla « proclame irrévocablement, l’indépendance de l’Etat de l’Azawad », avec la ville de Gao, comme capitale.
Cette proclamation, « unilatérale », est rejetée par la Communauté Internationale, dans son ensemble. Les organisations Africaines (l’Union Africaine et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest), montent au créneau. La Cédéao a menacé, de recourir à la force pour préserver “l’intégrité territoriale” du Mali après cette déclaration d’indépendance du territoire de l’Azawad, dans le nord, qu’elle rejette totalement, comme l’Union Africaine et l’ensemble de la Communauté Internationale qui qualifient la déclaration du Mnla de « nulle et non avenue ».

Mais le mouvement persiste et signe. Il convoque une rencontre avec des ulémas, des cadres, et des notables, des régions de Tombouctou, Gao, Kidal et Ménaka, pour les faire adhérer, à son projet et travailler pour une reconnaissance de l’Etat de l’Azawad.

Dans les mêmes temps, le rapport de force entre Ançar Dine et le Mnla sèmera une confusion totale, sur ce qui se passe réellement sur le terrain Nord-Mali. Difficile de savoir qui est-ce qui contrôle quoi ! Chacun de des deux mouvements dit avoir le dessus sur l’autre dans les différentes localités occupées.

Manifestement, les grandes villes stratégiques : Kidal, Tombouctou, et dans une certaine mesure Gao, sont contrôlées, en grande partie, par Ançar Dine.

Si bien qu’à Tombouctou, la ville des 333 Saints, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, réputée pour son éclairage des mondes Africains et pour sa tolérance, le mouvement islamiste instaure la loi islamique dure, notamment en imposant le voile aux femmes, en saccageant et en fermant des bars de la ville, en interdisant les vendredis les visites traditionnelles aux cimetière, la tombe d’un Saint est profanée, certains monuments de la ville sont détruits, et dans les mosquées Ançar Dine prêche une lecture fondamentaliste du Coran. En somme Ançar Dine occupe bien le terrain tant sur les plans idéologique, humanitaire, sociaux que militaire.  
Les entrées de la ville sainte et son aéroport, semblent gardés par le Mnla qui pour des raisons tribales et stratégiques ne veut pas s’attaquer frontalement à Ançar Dine. Alors les deux mouvement se font la guerre via leurs communications publiques !

La ville de Gao est divisée en trois camps. Le centre est occupé à la fois par le Mnla, Ançar Dine, et le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).
Ce dernier, récemment apparu, est présenté comme une dissidence d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. Le Mujao revendique l’enlèvement du consul d’Algérie et de six de ses collaborateurs, le 5 avril à Gao. Le groupe réclamerait une rançon de 15 millions d’euros, aux autorités algériennes en contrepartie de la libération des otages.

Bien qu’on ne parle que peu de Kidal, il n’en demeure pas mois qu’elle soit un nœud important du problème , car elle concentre à elle seule, une bonne partie des enjeux de cette guerre. C’est souvent de Kidal que tout est partie dans l’histoire des rebellions Touaregs. Dans la configuration actuelle, la ville est contrôlée par les Ifoghass, tribu dont est issu Iyad Ag Ghaly, le leader d’Ançar Dine, qu’ils soient du Mnla ou du groupe Islamiste. Il semble que les Ifoghass aient dépassés le clivage de mouvements, et circulent de l’un à l’autre, en mettant tout de même, l’essentiel de leur force ave Ançar Dine pour détenir  une position stratégique et hégémonique à Kidal, leur ville,  menacée de leur échapper si le Mali reprenait la main sur le Nord et que l’Etat en revenait à confier la gestion de cette localité aux Imghad anciennement tributaires de la tribu Ifoghass. Les deux composantes sont devenus d’opposants farouches, ce qui expliquent en partie, que beaucoup d’Imghad sont restés loyalistes à l’Etat Malien, à l’image de leur colonel Al-Hajji Ag Gamou, qui commandait les opérations militaires au Nord avant la déliquescence de l’appareil de l’Etat et la défaite des armées maliennes au Nord du pays.

A Tombouctou ou à Gao, les populations sont livrées à elles-mêmes, elles se sentent abandonnées. elles expriment leur désolation, à travers des marches de protestations. Comme c’est le cas, début mai, à Tombouctou, où l’on peut voir des dizaines de personnes qui descendirent dans les rues de la ville, avec des pancartes et des slogans qui en appellent, « au retour de  l’état malien », « Trop c’est trop ! », « On veut la paix ».

Ançar Dine plus fort

Pour trouver une sortie de crise dans le Nord, notamment entre les deux mouvements Touaregs Ançar Dine et le Mnla, des discussions ont étés entreprises depuis trois semaines, l’objectif visé, d’entrée, est, selon des sources impliquées, de fusionner les deux groupes pour éviter l’éclatement d’un conflit.

Ançar Dine qui a prit le dessus militairement fait de nouveaux recrus chaque jour, y compris chez les militants et même chez les combattants du Mnla.
La confrontation directe reste un suicide donc le compromis reste la solution viable. Stratégiquement le Mnla vise, en fusionnant avec le groupe Islamiste, à faire revenir les hommes qu’il a perdu de son coté et cela passe par une unité, mais aussi à rajouter à son compte la force dont dispose Iyad Ag Ghali épaulé par Aqmi.

Mais le responsable d’Ançar Dine, est un homme d’expérience, il sait qu’il est en position de force. Il veut que tout repose sur lui. De plus, Iyad Ag Ghali est l’interlocuteur privilégié de l’Algérie, qui est la puissance régionale et qui « détient toutes les clés du problème », selon les mots de l’ancien chef d’état français, Nicolas Sarkozy.
Alors, les discussions s’annoncent rudes pour le Mnla qui veut garder son identité de mouvement indépendantiste et laïc, tandis que Ançar Dine est guidé par un esprit religieux très fort.

Après de longues négociations, les deux mouvements arrivent à s’entendre, en date du 26 mai, en signant un protocole d’entente, dans l’esprit est résumé ainsi : « le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad et Ançar Dine, s’engagent à s’investir pour établir et construire un Etat islamique dans l’Azawad qui doit appliquer la législation islamique dans tous les domaines de la vie; basée sur le Coran et la Sounna ».

Cet accord provoque un séisme au sein des sociétés civiles Touaregs qui tiennent à un Islam, non pas politique, mais à un Islam de rite malékite, déjà pratiqué par les sociétés Touaregs, dans la sobriété et le mysticisme désertique. En date du 30 mai, la Coordination des Cadres de l’Azawad, (CCA) par la voix de son porte parole, Habaye Ag Mohamed, adresse, une lettre ouverte au secrétaire général du Mnla, lui demandant de « rompre sans délais le protocole d’accord signé avec le groupe Islamiste », accord « inconciliable avec la ligne politique du Mnla et contraire à l’islam pratiqué par l’ensemble des populations de l’Azawad », selon les termes du communiqué du CCA qui s’oppose clairement à toute tentative d’instauration « d’un Etat Jihadiste dans l’Azawad ».

Effet direct : le 1er juin, le bureau politique le Mnla, annonce que la fusion de ce mouvement avec les islamistes d’Ançar Dine n’est plus d’actualité  et que le Mnla rejette, désormais, catégoriquement l’accord signé avec les islamistes d’Ançar Dine à Gao, le 26 mai.  Pour Hama Ag Mahmoud, qui annonce cette information, clarifie ainsi : « Aujourd’hui, nous mettons fin totalement à cet accord. Ançar Dine veut absolument appliquer la charia, et nous nous sommes un mouvement laïc. Il n’a jamais été question de mouvement intégriste ».
La Coordination des Cadres de l’Azawad s’est félicitée de cette nouvelle. Un membre influent de cette organisation regroupant d’éminents cadres et intellectuels nous livre que : « Par cet acte, nous évitons le pire : livrer l’Azawad à Aqmi, qui veut y instaurer un État jihadiste et islamiste, c’est au compte d’Aqmi qu’Ançar Dine travaille, cette dernière organisation est redevable à la première ».

Avenir incertain

Compte tenu de ces fluctuations, parfois hasardeuses et improvisées, l’avenir est difficilement perceptible. La situation à Bamako se dégrade, les putschistes handicapent la marche de la transition. Cette situation fragile de jour en jour, ne crée pas un climat favorable pour des négociations entre Bamako et le Nord du Mali. En attendant, Aqmi serait aujourd’hui mieux armée que les armées maliennes et burkinabés réunies. Ce qui pourrait légitimer une intervention militaire internationale. « l’Afghanisation» du Sahel - Sahara n’est pas une bonne nouvelle.
Les mouvements Touaregs du Mnla et d’Ançar Dine se regardent de nouveau dans une posture des rapports de forces. Rien ne permet de dire qu’il n’y aurait pas une confrontation directe demain.
Les victimes de cette situation restent les 320 000 exilés de leurs terres, sans avoir demandé quoi que ce soit à qui que ce soit ! Ces Sahariens sont les victimes des richesses sous-terraines de leur espace, encore inexploité et tant convoité, par les superpuissances mondiales, passant d’un espace à l’autre du Monde, pour en vider les entrailles, sans guère se soucier des peuples qui vivent ici depuis des lustres.

 

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