Soulèvement démocratique au Bahreïn

La revolution Arabe sous le radar

Contrairement à ce que fait paraître le silence international, la révolution démocratique au Bahreïn est encore une réalité quotidienne. Muni d’un visa touristique, MO* s’est rendu dans le petit état du Golfe et y a parlé à plusieurs témoins de la campagne de terreur menée par les autorités contre les protestataires.

‘Tiens, prends ça.’ La Bahreïnienne Zainab al-Khawaja me glisse une écharpe dans la main, à utiliser comme protection contre le gaz lacrymogène. ‘Si la police lance une attaque, tu cours vers ces maisons,’ elle indique. ‘Si tu me perds, entre quelque part. Aucune porte n’est fermée ici.’

Elle demande si j’ai peur lorsque je regarde mes tongs d’un air un peu déconcerté. ‘Un peu,’ je réponds. ‘Toi non?’ Zainab secoue la tête. ‘Je n’ai plus peur. Après les campagnes de violence menées par les autorités en février et mars j’étais, avec beaucoup d’autres Bahreïni, paralysée par la peur. Heureusement d’autres Bahreïni comme mon père ou le militant des droits de l’homme Nabeel Rajab nous ont encouragés à tenir bon.’

Zainab est la fille du militant des droits de l’homme connu Abdul Hadi al-Khawaja.

Une nuit en avril, son père et son mari furent arrêtés de façon violente par des policiers en civil, pour ensuite être incarcérés et – comme beaucoup d’autres – torturés. Depuis leur arrestation, Zainab se concentre jour et nuit sur la révolution démocratique au Bahreïn. Aujourd’hui, elle coordine entre autres les équipes médicales: des médecins et des infirmiers s’engageant volontairement pour soigner des manifestants blessés.

Eker est un parmi plusieurs petits villages qui se refugent derrière la construction bahreïnienne typique d’entrepôts et de bureaux industriels en bordure des routes principales. Dans les villages comme celui-ci, des protestations démocratiques ont lieu presque quotidiennement. Assistés par une lune pleine d’un romantisme un peu déplacée et par l’éclairage public orange, des jeunes sont aux prises avec des palettes, des briques et des poutres étalés le long de presque toutes les voies d’accès. Ils construisent des barrages routiers provisoires. Neuf mois de protestations villageoises leur leur ont enseigné qu’une protection contre la violence policière n’est pas un luxe superflu au Bahreïn.

Le groupe de protestation est composé de pas plus de vingt personnes, équipées de calicots, de roses et de trompettes. Les roses symbolisent la non-violence de la protestation. La trompette représente un doigt d’honneur pour le gouvernement, après que celui-ci a arrêté de nombreux chauffeurs d’automobiles qui claxonnaient Down down Hamad. Les manifestants, entretemps accompagnés de femmes et d’enfants, plaident pour la liberté d’opinion, au sens littéral, mais aussi figuré, en s’opposant aux lois qui interdisent les rassemblements comme celui-ci et la critique au roi Hamid al-Khalifa.

‘Maintenant la police peut à tout moment, sans aucun avertissement, attaquer et tirer avec du gaz lacrymogène, des balles de caoutchouc ou des fusils de pigeons d’argile,’ explique Zainab. Plus tard il s’avère que la violence policière, contre toute attente, ne se manifeste pas. En effet la police est présente en masse dans les villages voisins de Sitra et Nuwaidrait, où il y a également des protestations. La tentative d’y aller en voiture n’aboutit à rien: personne n’arrive à entrer dans les villages ou d’en sortir, car le passage a été bloqué par la police anti-émeute. Même à distance, le gaz lacrymogène me brûle le nez et la gorge. ‘Des trucs périmés provenant des Etats-Unis,’ rigole le médecin. ‘Bienvenue au Bahreïn.’

violence policière excessive

Sayed* remonte les jambes de son pantalon et montre ses jambes gravement abîmés, qui semblent se remettre miraculeusement des brûlures. Elles datent de trois semaines auparavant, lorsque le 23 septembre la police a incendié la maison où il s’était caché pendant une manifestation. Lorsqu’il voulait s’échapper avec d’autres garçons par le garage, la police a tenu fermé la porte de la garage. Finalement ils ont quand même réussi à fuir les flammes et à s’échapper vers une maison, où Sayed a tout de suite reçu des soins médicaux par une équipe de bénévoles. Tout comme les trois autres garçons avec des brûlures, Sayed aussi a refusé d’aller à un hôpital. Il a été soigné chez lui, puisque presque tous les hôpitaux du Bahreïn sont surveillés par les autorités. En y entrant avec des blessures attrapées pendant les protestations, on risque d’être arrêtés.

La peau de Sayed guérit bien, mais les cicatrices resteront, et ses articulations aussi sont probablement touchées. Il traverserait cet enfer une autre fois, assure Sayed, ‘pour servir la bonne cause’. Des mots forts? Peut-être, mais il montre la même détermination que beaucoup d’autres Bahreïni que je rencontre. ‘Pourquoi accepter qu’une seule famille et son entourage s’emparent de tout le Bahreïn et continuent de s’enrichir? Comment tolérer que l’Etat réagisse de façon violente à des personnes revendiquant leurs droits? Je n’ai jamais eu une arme en main.’

Aux dires de Sayed, la liberté et la justice ne sont possibles que si le régime part. ‘Nos revendications ont changé. Au début, on ne voulait qu’une nouvelle constitution (la constitution actuelle datant de 1973, td), en dialogue avec les autorités. Mais le premier jour de manifestation dans la rue, le premier martyr est déjà tombé. Le lendemain la police a ouvert le feu de nouveau. Lors des funérailles. Conséquence: une deuxième victime et beaucoup de blessés. Ce régime ne veut pas discuter. Le ‘dialogue national’ dont elle parle au forum international est un mensonge gigantesque. Il n’y a pas de dialogue: pas avant et pas maintenant.’

Ali Gattan a reçu un morceau de grenade dans le visage le 13 août. La police a arrêté le garçon et lui a refusé tous soins médicaux. Son oeil est perdu pour toujours. ‘La date d’échéance de ce régime est dépassée depuis longtemps,’ affirme Gattan. ‘Bien sûr que les Khalifa doivent partir.’ Nous rencontrons le jeune Ali Hussain Khamis (15) deux jours après sa démission de l’hôpital militaire. Il y a été opéré après qu’il avait attrapé une fracture du crâne causée par la violence policière. Khamis aussi est prêt à descendre dans la rue de nouveau.

Dans le village de pêcheurs Malkiya, une femme âgée raconte comment elle a été tabassée en essayant de protéger son petit-fils de quinze ans, poursuivi par la police. Elle montre l’abaya déchiré qu’elle portait, elle a les traces des coups encore visibles sur les bras. ‘J’ai peur’, elle avoue. ‘Mais mon coeur se brise chaque jour quand je vois ce qu’on fait à mon peuple. S’ils veulent m’arrêter, ils peuvent venir me chercher. Je dirai ce que je pense. Nous nous sommes tus trop longtemps.’

basta

Assez est assez, c’est le slogan que les Bahreïni ont patenté temporairement. Neuf mois après le lancement du mouvement du 14 février au Bahreïn à la place de la Perle et huit mois après la battue sanglante des protestataires par l’armée saoudienne, les opposants ne capitulent pas. Ils sont prêts à continuer et à revendiquer leurs droits, en dépit de la réponse répressive du régime.

A différence de ce premier jour de protestation du 14 février, aujourd’hui une grande partie des Bahreïni est impliquée, en majorité des chiites. Les autorités visaient en effet des personnes issues de toutes les couches de la société. Toute personne présente à la place de la Perle, absente au travail le lendemain de l’attaque saoudienne ou se comportant de façon suspecte (voir pas assez loyale), a senti les répercussions: chômeurs, professeurs, ingénieurs, managers d’entreprise, médecins, étudiants, enfants, personnes âgées, hommes et femmes…

Les médecins, les infirmières et le personnel paramédical de l’hôpital Salmanya – jusqu’ici toujours occupé par l’armée – furent licenciés en masse. La cour de justice militaire imposa une punition de quinze ans à vingt médecins, d’autres médecins attendent une décision de la cour de justice civile. Des étudiants furent éloignés des universités. Sous l’accusion de ‘rassemblement illégaux’ (des rassemblements de plus de cinq personnes sont légalement interdites au Bahreïn) des Bahreïni furent arrêtés et incarcérés pour des mois. Des tortures eurent lieu à grande échelle. Les témoignages que je raccolte ne sont que la pointe de l’iceberg. Certains défient toute imagination.

Des observateurs, se basant sur les témoignages rassemblés, parlent de torture systématique. Les pratiques des torture des premiers mois dans les prisons semblent avoir diminué selon les militants des droits de l’homme, mais la violence policière dans la rue a été renforcée. A différence du mois de février, maintenant les femmes aussi sont visées intentionellement et les arrestations continuent sans cesse. Tous les chiites sont soupçonnés, mais les sunnites démocratiques sont le point de mire également.

Le nombre de morts est monté jusqu’à 43. Au minimum. Les autres chiffres au sujet de la répression varient. Selon le centre de droits de l’homme bahreïnien, 1.500 civils ont été arrêtés pour avoir participé à des protestations. Nonante journalistes auraient été licenciés et/ou arrêtés, deux d’entre eux sont morts derrière les barres. Mille sites web ont été bloqués. Au moins septante jeunes ont perdu un oeil à cause d’armes policières.

Protestation d’un dinar

‘Hamad ibn Isa al-Khalifa est présent partout, surtout ces derniers mois. Les imprimeries doivent faire de bonnes affaires.’ Le militant Hussain* indique les portraits immenses du roi Hammad, accompagné oui ou non de ses deux compagnons: le prince héritier et le premier ministre. Après la mort de son père en 1999, Hamad est devenu émir du Bahrein. Il a effectivement réalisé quelques réformes politiques, a libéré des prisonniers politiques et s’est ensuite déclaré roi en 2002. ‘J’espérais vraiment que Hamad apporterait du changement et plus de démocratisation dans l’empire Khalifa. On l’espérait tous.’ Aucun bouleversement, au contraire, Hamad a continué à diviser le pays en confessionalisant les problèmes (voir cadre à la page XXX).

La liste d’exigences de l’opposition politique commune est longue. Les points principaux sont clairs: un gouvernement honnêtement élu avec une répartition égale des députés, des mécanismes de contrôle indépendants, un parlement composé d’une seule chambre (remplaçant les deux chambres actuelles), une justice indépendante, un appareil de sécurité assurant la protection de tous les citoyens et la liberté d’opinion.

‘Il est étonnant qu’après avoir démoli le monument de la Perle comme symbole révolutionnaire, ils n’aient pas encore interdit le drapeau du Bahreïn ou les billets d’un dinar,’ dit Hussain lorsque nous passons devant les tours appelées ‘d’un dinar’ dans le Port Financier du Bahreïn. En mars, les manifestants ont protesté ici avec des billets d’un dinar, le montant utilisé par le premier ministre al-Khalifa pour acheter le terrain où se trouvent les bâtiments.

Île sans plage

‘Le Bahrein ne compte q’une seule plage publique, très isolée, et tellement sale qu’on ne veut même pas y faire courir son chien,’ racconte Zainab al-Khawaja. Un rapport du gouvernement du 2007 révèle que le public a accès à seulement trois pourcent de la côte. D’après les partis d’opposition, bien quatre-vingt pourcent de l’espace public est contrôlé par des membres de la famille royale et d’autres personnages influents.

La mer et les fonds de pêche aussi sont occupés graduellement par les Khalifa. Ce qui reste pour les villages de pêcheurs sont des parties de fonds surpêchés avec un stock de poissons très réduit comme conséquence. Dans le village de pêcheurs Malkiya, les habitants n’acceptaient plus que le cheik local Hamed bin mohd al-Khalifa occupait sans permis de plus en plus de terrains communaux pour les clôturer ensuite. Quand en 2007 il s’est emparé également de la mer, le village vivant de la pêche depuis des générations en a eu assez. Pendant deux ans Malkiya fût la scène de manifestations, souvent abattues violemment par la police.

Le cheic a même fait construire un mur jusque loin dans le mer afin de délimiter son terrain, un mur qui, après une sentence judiciare, a fini par être démoli de nouveau. Une partie des fonds de pêche fût rendue au village. ‘L’exemple de Malkiya prouve que la persévérance et la manifestation non-violente portent des fruits,’ répond Zainab lorsque je lui demande quel est le sens des protestations de rue, où les slogans semblent se heurter aux murs du village. ‘C’est la seule “arme” dont nous disposons, vu l’absence de pression internationale,’ ajoute-t-elle.

‘Le silence du monde sur l’injustice ici nous fait un mal assourdissant,’ affirme Fatima, une étudiante. Certes, ni journalistes étrangers ni organisations internationales comme Human Rights Watch et Amnesty International n’arrivent à entrer dans le pays. Mais cela ne justifie pas le silence international à propos du Bahreïn, estime l’étudiante, qui avec 36 autres a été expulsée de l’université. La déception des Bahreïni dans les pays soi-disant démocratiques est considérable. ‘Nos collaborateurs constatent vraiment des critères doubles,’ affirme le militant des droits de l’homme Nabeel Rajab.

‘Pourquoi l’Europe soutient-elle la lutte de démocratisation en Tunisie et en Egypte et se tait-elle sur le Bahreïn? Nous ne nous attendons pas à un traitement “libien”, mais à ce que la communauté internationale utilise les moyens de pression nécessaires afin d’obliger le régime à faire des réformes.’ Certains Bahreïni comme mon interprète Eman* sont favorables à un boycot économique. ‘Nous boycottons notre propre économie, nous descendons dans la rue pour manifester en face des nouveaux centres commerciaux, nous n’achetons pas certains produits. Un boycot économique ne touche pas nous-mêmes, mais bien le régime Khalifa.’

Entre les Bahreïni et Washington, l’amour d’un temps est fini. Il s’agit d’une analyse partagée par plusieurs: ‘Les Etats-Unis soutiennent le Bahrein afin d’éviter des conflicts avec les Saoudiens.’ ’Je ne vois aucune raison logique pour l’attitude des Américains,’ affirme Matar Ebrahim Ali Matar, parlementaire et membre du parti islamiste d’opposition al-Wefaq. ‘Les Etats-Unis n’ont pas besoin de l’Arabie saoudite, ni pour les stocks de pétrole regressants, ni comme facteur de stabilité dans la région, ni comme allié contre l’Iran. La Cinquième Flotte, importante pour la stabilité dans la région, se trouve dans le port du Bahreïn mais pourrait être stationnée également au Qatar. Les intérêts américains sont basés sur un calculs incorrect, qui ne tient pas compte du long terme.’

Dignité

Lorsque je rencontre Eman de nouveau la veille de mon départ, elle me glisse une pièce de monnaie dans la main. Le mi-dinar montre le monument de la Perle, qui a été détruit par le régime même pour sa valeur symbolique dans la révolution. ‘Ces pièces ont même été retirées du commerce. Maintenant on les garde comme de petits trésor.’ Si il y en restent beaucoup en circulation, je lui demande.

Elle rit: ‘Oui, les Chinois se sont déjà lancés dans la reproduction pour servir notre désobéissance civile.’Cette désobéissance civile, elle est bien vivante, je me dis en route pour l’aéroport. Il y a un embouteillage monstrueux ce soir-là, le chemin pour l’aéroport nous prend une bonne heure au lieu des trente minutes qu’on y met normalement. Eman m’avait averti et conseillé de partir à temps, puisqu’une Dignity Belt aurait lieu.

‘On ne peut pas manifester, pas se rassembler à plus de cinq personnes, pas rire, pas claxonner, pas se bouger. Voilà pourquoi on a décidé de mener une action en respectant tout à fait les commandements et les interdictions en vigueur. La Dignity Belt est une action de voitures: à un moment précis, chacun entre dans sa voiture et se met à rouler lentement. Il y a des listes d’instructions: on ne peut pas sourire, il faut respecter les codes de la route (comme le port de la ceinture de sécurité), on ne peut pas écouter de la musique compromittante, il faut se comporter avec dignité.’

‘Le plus difficile, c’était de retenir mon sourire,’ m’avait dit Eman en parlant de l’avant-dernière action. ‘J’étais tellement heureuse que cela fonctionne. La route pour mon travail m’a pris deux heures, tandis que normalement cela me prend un quart d’heure. Et les autorités ne pouvaient rien faire.’

*nom fictif

Kit d’identité du Bahrein

Île du Golfe Persique

Surnom: terrain de jeu du pays voisin et de Big Mama Arabie saoudite (ce qui est interdit chez les Saoudiens – l’alcool, les moeurs légers – est possible au Bahreïn)

Surface: 760 km2

Nombre d’habitants: > 1,2 millions (dont 250.000 étrangers) (2001)

Taux de chômage: 20 pourcent

Indépendance de la Grande-Bretagne: depuis 1971

Gouverné par: la famille sunnite Al-Khalifa, ayant conquis le Bahrein sur les Perses en 1783

Chef de l’Etat: le roi Hamad bin Isa al-Khalifa

Gouvernement: désigné par le roi

Atouts économiques:

- centre bancaire islamiste important

- présence de pétrole et de gaz (en raison des réserves pétrolières en baisse, le Bahreïn se concentre sur l’industrie pétrolière)

Sources: CIA World Factbook

Un conflit confessionalisé

Depuis des années, les chiites bahreïniens contestent la discrimination exercée par le régime Khalifa sunnite. Sous le régime de Hamad, la discrimination s’est encore renforcée, selon les membres de l’opposition. D’après un rapport du principal mouvement d’opposition chiite al- Wefaq, les chiites sont nettement sous-représentés au sein du gouvernement et dans les fonctions dirigeantes de l’Etat. ‘Deux tiers des Bahreïni sont des chiites, mais nous n’occupons que treize pourcent des hautes fonctions dans le secteur publique,’ affirme Matar Ebrahim Ali Matar, parlementaire et membre du parti d’opposition islamiste al-Wefaq.

‘Dans les fonctions dirigeantes au sein des institutions de sécurité, du ministère de l’Intérieur et des Affaires Militaires, de l’armée, des services de renseignements et de la police secrète, c’est zéro pourcent.’ Cependant personne ne veut entendre le terme ‘révolution chiite’. Le mouvement du 14 février ne veut surtout pas tomber dans le piège confessionnel tendu par le gouvernement.

Presque quotidiennement les médias bahreïniens, majoritairement contrôles par les Khalifa, font le récit de manifestants prétendus chiites et violents qui avec l’appui de l’Iran s’attaquent aux sunnites. D’après les médias le mouvement du 14 février ne souhaite pas de démocratie mais l’instauration d’un régime chiite islamiste. Selon l’opposition c’est totalement absurde. Il s’agit de protestations démocratiques, affirme-t-on, où participent également des sunnites, même si c’est une minorité.

‘Personne ne se tourne contre les sunnites. Par contre nous contestons la discrimination des chiites, vus comme des citoyens de second rang. Dire que l’Iran contribue à la révolution, c’est absurde. Comment serait-ce possible? Vous avez déjà vu des armes ici? Il est vrai que l’Iran a exprimé son soutien, mais nous ne l’avons pas demandé. Personne ne veut un système iranien au Bahreïn.’

Le jeu de diviser pour régner, joué par le gouvernement, a pourtant des conséquences dès aujourd’hui. ‘Ma meilleure amie était sunnite, mais depuis la révolution notre amitié est finie,’ racconte le médecin chiite Fatima Haji. ‘Elle a peur que les absurdités raccontées sur les chiites soient vraies. Il y a effectivement des lignes de rupture dans la société sociale qui n’étaient pas là auparavant.’

 

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