Comment reconstruire en mieux après un ouragan et avant le suivant...

Imaginez ce que représente de réinstaller toute une population à la suite d’un ouragan et de constater deux mois plus tard que personne ne peut encore réintégrer son foyer. Imaginez ce que représente, après plusieurs nuits passées dans un centre d’accueil, d’enfin sortir à l’air libre et de vous retrouver dans un décor d’après-apocalypse.

  • Achim Steiner
  • Irwin LaRocque

Ce n’est pas de la fiction. Après qu’Irma et Maria, deux ouragans de catégorie 5, les plus puissants jamais enregistrés dans l’Atlantique, se soient abattus l’un après l’autre sur les Caraïbes en septembre dernier, ces situations sont bien réelles.

Des îles entières ont été réduites à néant, telles que le Barbuda, la plus petite des deux îles de l’État d’Antigua-et-Barbuda, et la Dominique, toute deux membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM). Anguilla et les Îles Vierges britanniques ont, elles aussi, été dévastées. Les Bahamas et les Îles Turques et Caïques ont été durement touchées. Haïti et Saint-Kitts-et-Nevis ont de même subi des dégâts. Toutes ces îles sont membres ou membres associés de la CARICOM.

L’île de Saint-Martin, divisée entre Sint Maarten, qui est l’un des pays du Royaume des Pays-Bas, et Saint-Martin, territoire dépendant de la France, ainsi que Cuba et la République dominicaine, en sus de l’État de la Floride et le Commonwealth de Porto Rico ont, eux aussi, subi l’impact de ces ouragans.

Ces principaux secteurs de l’économie que sont le tourisme et l’agriculture ont été très gravement touchés, les pertes d’emplois ainsi causées venant aggraver l’angoisse due aux pertes d’habitats. À la Barbade et à la Dominique, une évaluation détaillée des dégâts est toujours en cours, mais les estimations initiales indiquent que les coûts de relèvement pourraient dépasser les 3 milliards de dollars.

Ces ouragans ont véritablement changé la donne : même aux Caraïbes, région du monde la plus exposée aux catastrophes, rien de comparable ne s’était jamais produit. Le passage successif de deux ouragans de catégorie 5 signale un changement dangereux d’intensité et de fréquence des tempêtes liées au climat et annonce une nouvelle réalité.

Selon les projections d’un rapport de la Banque mondiale intitulé « Baissons la chaleur », le nombre d’ouragans devrait augmenter de 40 % si la température mondiale monte de 2 °C et de jusqu’à 80 % si elle monte de 4 °C. Accompagné de l’élévation du niveau des mers, cela aura des effets dévastateurs sur tous les Petits États insulaires en développement (PEID), et plus particulièrement, ce rapport d’étude le confirme, sur ceux de la région des Caraïbes.

Depuis le passage des ouragans, les gouvernements d’Antigua-et-Barbuda et de la Dominique sont à l’œuvre sur le terrain, ainsi que l’Agence caraïbe pour les secours d’urgence en cas de catastrophe naturelle (CDEMA), avec à leurs côtés des équipes des Nations Unies codirigées par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies. D’autres États membres de la CARICOM, des institutions spécialisées, la France et ses services aux Caraïbes, le Venezuela, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Comité international de la Croix-Rouge sont également présents. Tous déploient des efforts sans relâche pour reconstruire en mieux, sachant que des communautés plus résilientes seront prêtes à faire face à la prochaine saison des ouragans qui débute dans sept mois seulement.

Mais de telles activités de reconstruction seront impossible sans un appui international, étant donné l’extrême vulnérabilité climatique et le fardeau écrasant de la dette des SIDS particulièrement exposés.

Il est urgent d’agir, et, heureusement, plusieurs occasions de le faire se profilent à l’horizon. Tout d’abord, la Conférence des Parties (COP23) qui se réunit à Bonn en Allemagne du 6 au 17 novembre, offre au monde la possibilité de faire front commun face aux changements climatiques. Le 21 novembre s’ouvre au siège des Nations Unies à New York une conférence ONU-CARICOM où le monde pourra offrir son appui aux pays des Caraïbes affectés par les catastrophes, en tenant compte du fait qu’ils ont subi le plus rude effet des changements climatiques sans avoir contribué au problème. 

Aujourd’hui plus que jamais, il est d’une importance fondamentale que la communauté internationale repense le financement du développement fondé principalement sur le PIB par habitant. Les pays touchés se voient refuser l’accès à un tel financement en raison de leur classement dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire. Il est impératif que les critères appliqués tiennent compte de la vulnérabilité économique et environnementale des PEID.

Et c’est dès à présent qu’il faut agir. Pour que les pays des Caraïbes puissent espérer réaliser leurs objectifs de développement durable d’ici 2030, ils ont besoin d’accéder aux financements, notamment pour l’adaptation aux changements climatiques. Le Rapport régional du PNUD sur le développement humain aux Caraïbes paru l’an dernier, appelait à tenir compte de multiples indicateurs ou de mesures de bien-être ne se limitant pas au seul revenu.

Étant donné que le monde s’est engagé à éliminer la pauvreté d’ici 2030, il est d’une importance cruciale d’investir dans le renforcement de la résilience des communautés, des pays et des régions entières sur le front social, économique et environnemental.

Reconstruire en mieux est une activité qui s’inscrit au cœur même des efforts déployés dans ce sens. Nous invitons le monde entier à appuyer les pays des Caraïbes par le biais d’une action mondiale sur le climat et durant la Conférence d’annonce de contributions de haut niveau CARICOM-ONU. Nous devons tous agir dès à présent, avant qu’il ne soit trop tard.

Irwin LaRocque est Secrétaire général de la Communauté des Caraïbes (CARICOM)

Achim Steiner est Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)

Ik ben proMO*

Nu je hier toch bent

Om de journalistiek van MO* toekomst te geven, is de steun van elke lezer meer dan ooit nodig. Vind je dat in deze tijden van populisme en nepnieuws een medium als MO* absoluut nodig is om de waarheid boven te spitten? Word proMO*.

Wil je bijdragen tot de mondiale (onderzoeks)journalistiek in het Nederlandstalig taalgebied? Dat kan, als proMO*.

Wil je er mee voor zorgen dat de journalistiek van MO* mogelijk blijft en, ondanks de besparingspolitiek, verder uitgebouwd wordt? Dat doe je, als proMO*.

Je bent proMO* voor € 4/maand of € 50/jaar.

Word proMO* of Doe een gift