Rami Jarrah: « Les Russes sont les bombardiers de Daech (EI) »

Le journaliste syrien acclamé, Rami Jarrah revient d’Alep, où 300.000 personnes doivent faire face aux bombes russes, au siège mené par Bachar El Assad et à la menace de Daech (EI). Rami Jarrah est un des seuls journalistes à se rendre encore en Syrie. Pieter Stockmans s’est entretenu plusieurs heures avec lui. Le thème central de leur discussion : Que se passe-t-il vraiment à Alep ?

  • © Rami Jarrah Tous les pans de la société ont payé cher cette guerre, tous sauf l’opposition politique. Elle, c’est bien en sécurité dans un tank américain qu’elle veut rentrer la Syrie. » © Rami Jarrah

La circulation intense d’Istanboul résonne au loin lors de mes longues heures de conversation sur Skype avec Rami Jarrah. Tout comme de nombreux activistes et journalistes syriens, il vit maintenant dans la métropole turque. Mais, au cours des dix-huit derniers mois, il est retourné quatre fois à Alep. Jarrah ne veut pas seulement être un observateur extérieur, il veut au contraire être aux côtés de ses compatriotes et décrire leur quotidien.

En 2012, ce journaliste syrien se voyait remettre l’International Press Freedom Award par l’organisation Canadian Journalists for Free Expression. Aujourd’hui, il filme d’émouvants reportages pour son agence ANA Press, une des premières agences de presse syriennes indépendantes.

La très bonne expérience du terrain de Jarrah fait aujourd’hui de lui la personne la mieux placée pour décoder les stratégies qui se cachent derrière les bombardements et les vagues de dizaines de milliers de réfugiés mais aussi pour expliquer comment, en tant que Syrien, en tant qu’être humain, il vit cette tragédie.

« Je suis un réfugié illégal sans permis de travail en Turquie », explique Jarrah. « Je ne peux pas prendre librement l’avion d’Istanboul à Gaeiantep. Et je ne peux pas mettre les pieds sur le sol syrien légalement. Si la police turque me trouvait en chemin, je pourrais me retrouver derrière les barreaux. Pourtant, mes activités profitent aux intérêts turcs. Je l’ai aussi dit lorsque j’ai rencontré le président Erdogan, avec un groupe d’autres journalistes syriens. Nous voulions attirer l’attention sur les mauvais traitements subis à la frontière syrienne. J’ai expliqué au président qu’il devrait créer un statut à part pour les journalistes syriens, ainsi que leur octroyer plus de libertés. »

La Russie et le gouvernement syrien ont lancé une offensive sur Alep alors que les négociations de la paix à Genève ne faisaient que débuter. Comment expliquez-vous cela ?

Jarrah : Au début des précédents pourparlers de paix organisés à Genève, le gouvernement avait attaqué la ville de Homs. Il poursuit la même stratégie en bombardant Alep alors que de nouveaux pourparlers sont entamés. L’opposition était au courant des projets du gouvernement. Une semaine avant le début des négociations, le gouvernement avait déjà déplacé des troupes vers les petites villes chiites de Nubl et de Zahraa, toutes deux assiégées par les rebelles, tandis que le Front al-Nosra avait de son côté déployé 2.000 combattants dans la région. Malgré ces opérations cruciales, les médias ont continué à ne parler que de Daech (EI). Et puis, soudainement, le monde entier s’est étonné de voir éclater des affrontements au moment même où commençaient de nouveaux pourparlers de paix.

Assistons-nous au commencement d’un nouveau Sarajevo ?

Les habitants d’Alep sont présentés comme des terroristes par Bachar el-Assad et comme des infidèles par Daech (EI).

Jarrah : Tout à fait. Et nous ne sommes pas encore conscients de l’ampleur inédite que pourrait prendre cette tragédie. Alep va subir le siège d’Al Assad mais aussi de Daech (EI). Ce sont 300.000 personnes que nous abandonnons à leur sort face à deux violentes dictatures. Leur refus de se rendre sera sanctionné par des attaques sans merci. Les habitants d’Alep sont présentés comme des terroristes par M. Al Assad et comme des infidèles par Daech (EI). Une logique d’anéantissement est déjà en place depuis longtemps. Les habitants seront ainsi expulsés, assassinés ou encore affamés, et ce jusqu’à ce qu’ils se rendent.

Comment des groupes comme Front al-Nosra peuvent-ils survivre maintenant que le gouvernement du président Al Assad a coupé leurs principales voies d’approvisionnement à la frontière avec la Turquie ?

Jarrah : Le Front al-Nosra peut tenter d’engager un cessez-le-feu avec Daech (EI) et de mettre en place de nouvelles voies d’approvisionnement. Si Alep est assiégé, le Front al-Nosra pourrait s’échapper en concluant un accord avec Daech (EI), qui contrôle l’Est de la ville. La campagne russe a donc pour effet de renforcer Daech (EI).

Robert Fisk a écrit que les jours de Daech (IS) sont comptés et que nous assistons au début de la lutte finale entre Al Assad et Daech (EI) à Raqqa.

Jarrah : Quand bien même le califat serait balayé, ce ne ferait que répandre davantange les idées de Daech (EI). Il est fort probable que M. Al Assad, la Russie et le Hezbollah se préparent à marcher sur Raqqa. Mais il ne faut voir là qu’une ultime campagne de propagande : M. Al Assad a renforcé son ennemi dans le seul but de glorifier sa propre victoire et de prouver aux Syriens qu’il est leur seule option.

Bachar Al Assad a la mainmise sur une partie d’Alep. Comment les habitants de ces quartiers perçoivent-ils les bombardements russes visant d’autres parties de la ville ?

Jarrah : Certains habitants ont toujours soutenu le gouvernement, surtout les personnes qui appartiennent à des minorités. Le gouvernement a éveillé de nombreuses peurs au sein de la population au moyen d’une propagande assimilant tous les rebelles à Daech (EI).

Certaines personnes acceptent donc les atrocités commises par les Russes et l’armée syrienne car elles les voient comme indispensables à leur propre survie. Dans ces quartiers, il y a cependant également des habitants qui soutiennent les rebelles, et aimeraient les rejoindre. Certains d’entre-eux passent ainsi clandestinement de leur côté.

Quelles sont leurs histoires ?

Jarrah : Il y a peu, je suivais quelqu’un. Les quartiers aux mains des rebelles étaient alors bombardés, et l’homme devant moi parlait au téléphone avec sa famille, qui vivait dans les quartiers sous le contrôle de Bachar Al Assad. Ses parents savaient qu’une bombe lancée par le gouvernement pouvait à tout moment tuer leur fils. J’ai perçu une certaine culpabilité dans leur voix, comme s’ils s’excusaient des attaques menées par M. Al Assad. S’ils le pouvaient, ils s’en iraient. Mais ils ne peuvent pas s’offrir les services d’un passeur.

Vous habituez-vous aux horreurs et aux morts dont vous êtes témoin ?

Jarrah : Les parents et les enfants qui marchent ensemble en rue ne se donnent plus la main. Ils se comportent comme s’ils étaient des étrangers. Moi aussi, je suis devenu ainsi. Je ne suis plus aussi proche de mes enfants. C’est dû à notre instinct de survie. Avant, je détournais le regard lorsque j’apercevais des corps d’enfants dans les décombres. Maintenant, j’y suis habitué. Personne ne se scandalise à la vue d’une mouche écrasée, parce que c’est devenu monnaie courante. C’est pareil ici, à part que ce sont des êtres humains et non des mouches.

Si nous ne sommes pas là pour témoigner de ce qui se passe, qui donc parlera de ces atrocités devenues quotidiennes ?

Dix secondes après l’explosion d’une bombe-baril, je me suis dirigé vers une voiture en feu. Un garçon était assis à l’avant. J’ai tenté de le désincarcérer mais il était humide et collant. Sa peau tombait en morceaux. Je ne sais pas comment expliquer…il fondait. Cet enfant n’a pas survécu.

Je ne suis pas fier de m’être habitué à de telles horreurs mais si nous ne sommes pas là pour témoigner de ce qui se passe, qui donc parlera de ces atrocités devenues quotidiennes ?

À quoi ressemble la vie quotidienne à Alep ?

Jarrah : La vie quotidienne suit assez curieusement son cours dans le centre d’Alep. Les restaurants sont ouverts et, dans certains quartiers, on entend seulement les détonations de 25 bombardements par mois, et on ne voit rien du tout.

Il n’est évidemment pas normal que ce soit devenu banal de perdre ses proches dans des bombardements. Avant, pour chaque décès, il fallait présenter ses condoléances à la famille. Aujourd’hui, tout ce que les familles entendent, c’est « que Dieu ait pitié de son âme ». Une autre situation suréelle – que vous ne pouvez comprendre que si vous habitez à Alep : lorsque des bombes tombent du ciel, il ne faut que dix minutes pour déblayer les décombres, emmener les blessés et déplacer les corps. Ainsi, une personne passant un peu plus tard dans la zone bombardée ne se rendrait même pas compte qu’il y a eu une attaque.

Remarque-t-on une intensification des attaques à la roquette menées par les rebelles à l’encontre du régime depuis le début de l’intervention russe?

Jarrah : Oui, notamment de la part du Front el-Nosra. Depuis le début des frappes aériennes menées par la Russie à Alep, les actes de vengeance sont devenus presque tout à fait normaux. Il faut s’attendre à ce que les rebelles agissent de plus en plus par désespoir.

Les avis divergent au sein des différents groupes de rebelles concernant l’attaque de la zone résidentielle située de l’autre côté de la ville d’Alep. Une telle opération viendrait pourtant confirmer les discours tenus par le gouvernement. Mais certains rebelles veulent faire escalader le conflit afin de faire ressentir à d’autres ce qu’ils ressentent. Les zones contrôlées par les rebelles sont dominées par des combattants sunnites qui, se sentant complètement abandonnés de tous, portent en eux un profond sentiment de haine et une soif de vengeance.

Avez-vous vu des preuves que les opérations russes visent les rebelles, et non Daech (EI) ?

Jarrah : Oui, je me suis rendu sur le front où les rebelles se battent chaque jour contre Daech (EI). Ils font là face à leur ennemi le plus mortel, mais ce sont des avions russes qui les bombardent.

Aucune bombe russe n’a éclaté du côté de Daech (EI), situé 1 km plus loin. Le drapeau de Daech (EI) était pourtant clairement visible depuis une colline avoisinante. Il est étrange que les avions russes aient raté une telle cible, alors que leurs bombes n’ont eu aucun mal à tomber sur les petits postes de contrôles des rebelles.

Les Russes attaquent des zones et des cibles qui ne sont pas couvertes pas le mandat fourni par le Conseil de sécurité. Ce dernier ne s’est cependant pas montré assez clair à ce sujet : les Nations unies autorisent ainsi de façon tacite les raids aériens russes. Et la Russie écrase les ennemis de Daech (EI), agissant presque comme l’armée de l’air du califat.

L’offensive russe met à nu les stratégies des différents acteurs du conflit syrien. Les alliés du gouvernement syrien n’hésite pas à soutenir pleinement le président tandis que les rebelles et leurs alliés sont extrêmement divisés.

La Turquie est en compétition avec l’Arabie saoudite, les États-Unis avec la Turquie et le Qatar avec tous les autres pays.

Jarrah : Bien trop d’acteurs désirent apporter leur soutien aux rebelles, ce qui se traduit par un vrai cauchemar géopolitique. La Turquie est en compétition avec l’Arabie saoudite, les États-Unis avec la Turquie et le Qatar avec tous les autres pays.

Ces États ont causé un affaiblissement et une fragmentation de l’opposition, alors que le gouvernement de M. Al Assad, lui, jouit d’alliés formant un front uni. Le président Poutine voit bien que ses ennemis sont divisés, et il saisit donc sa chance.

La stratégie de M. Al Assad et de M. Poutine est de diviser pour mieux régner. Si les États-Unis avaient adopté une position claire dès le début, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Le gouvernement américain avait promis une réponse forte à la suite de l’attaque chimique de Ghouta, où 1.300 personnes ont perdu la vie en quelques minutes à peine, mais il s’est ensuite laisser berner par un petit marché avec la Russie.

Les multiples tergiversations des États-Unis ont donc créé un vide politique ?

Jarrah : Si les Américains s’étaient pleinement investis dans l’opposition, comme les Russes le font actuellement pour le régime de M. Al Assad, les autres acteurs soutenant l’opposition n’auraient pas enchaîné des opérations d’urgence complètement improvisées. La stratégie de la Russie consiste à tirer profit du manque de stratégie des États-Unis.

La Turquie regarde passivement la Russie bombarder ses alliés, ce qui tend à renforcer la position du président Al Assad à la table des négociations.

Les groupes bombardés par la Russies sont ceux notamment soutenus par la Turquie.

Jarrah : Les groupes bombardés par la Russies sont en effet ceux notamment soutenus par la Turquie. La Russie et la Turquie se prêtent ainsi à une guerre secrète. Les bombardements des alliés des Turcs permettent en outre à la Russie de se venger de la Turquie, qui a précédemment abattu un avion russe.

Pensez-vous que la Turquie interviendra directement de façon militaire ?

Jarrah : Non. La Turquie souhaite éviter une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie. Elle va dès lors tout mettre en œuvre pour accélérer les pourparlers de paix. Sa préoccupation première n’est cependant ici pas le bien-être des populations locales mais la protection de ses propres intérêts. La Turquie doit agir avant que le gouvernement syrien et les forces russes n’imposent davantage leur loi en Syrie.

Il est peut-être déjà trop tard, et les rebelles espèrent aujourd’hui une intervention turque. Cela fait des années qu’ils combattent Daech (EI) avec des moyens limités. Mais maintenant qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort, la Turquie ne leur offre aucune aide. Ils se sentent une fois de plus trahis.

Comment voyez-vous l’avenir d’Alep dans l’immédiat ? La ville va-t-elle tomber entre les mains du régime de M. Al Assad ? Daech va-t-il prendre le contrôle de la ville ?

Jarrah : La deuxième option. Le président Al Assad et les Russes n’ont pas pour objectif de reprendre totalement le contrôle d’Alep. Ce n’est pas possible. La haine ressentie à l’égard du régime est très perceptible dans les zones contrôlées par les rebelles. La résistance ne baissera jamais les armes dans ces quartiers.

Le régime vise à radicaliser davantage les habitants des zones contrôlées par les rebelles en poursuivant les bombardements. La seule possibilité pour eux de fuir Alep est alors de traverser les zones contrôlées par Daech (EI), à l’Est de la ville. Par ces opérations, le gouvernement laisse entendre à la population que les seules zones sûres sont celles contrôlées par Daech (EI).

 

She fights alongside the men of the resistance but also takes care of the children. “I do it all” she says “I treat my wounded comrades as well” I asked her what she was doing before she chose to fight she paused for a moment, hence whilst caressing with her finger the tips of her tea cup she smiled a knowledgable smile and said “I was a housewife, then became a widow to a stubborn husband who died in battle, I was terrified this would happen, whenever he went to fight I would beg him to stay and be with us but he would shake me and say “the family my wife, we must protect the family from this curse” I see what I could not see before now, now I know what he meant, he died to keep all the families alive” She went quiet again, looked down on her cup then back up and said “My husband is a Martyr, I’m very proud of him” #SyriaSpeaks #Syria #Aleppo #FF #War #love #me #widow #freedomfighter #oldcity #death #children #housewife #comrades #l4l #tbt #photographer

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Les Aleppins vont-ils frayer avec Daech (EI) ?

Jarrah : La population aleppine n’a que très peu de sympathie pour Daech (EI), mais elle s’oppose à tout retour de Bachar Al Assad. C’est le choix qui s’impose à eux : Daech (EI) ou Al Assad. Depuis des années déjà, ils rejettent ces deux options et préfèrent apporter leur soutien à une troisième voie : celle offerte par les rebelles. Ces derniers font naturellement également partie du Front el-Nosra, affilié à Al-Qaïda.

Mais maintenant que les Russes bombardent essentiellement ces rebelles, et non Daech (EI), le califat va-t-il pouvoir entrer dans la ville d’Alep et recruter de nouveaux membres parmi une population radicalisée et désespérée ? Une telle situation réjouirait le gouvernement syrien, car c’est précisément le discours qu’il a toujours tenu : ce sont des extrémistes et des terroristes qu’il combat.

Et puisque Daech (EI) est en difficulté à Raqqa, ses combattants pourraient tout à fait se rabattre vers Alep. Je vois plutôt une victoire de Daech (EI) que de M. El Assad à Alep.

Quelles sont les vraies intentions du président Poutine ?

Jarrah : Les Russes ont bien fait comprendre que seul le gouvernement syrien était à même de défendre les intérêts russes le long des côtes syriennes. Sa stratégie est la suivante : les zones contrôlées par les rebelles ne peuvent absolument pas devenir des zones libres. Les rebelles se sont emparé d’importantes parties d’Alep. On retrouve dans ces zones des instituts fonctionnels, des conseils locaux, des écoles, des usines, des réseaux d’approvisionnement en eau… Les habitants commencent à se dire que les rebelles offrent un projet d’avenir très intéressant. Il est question d’une vraie lutte pour gagner les cœurs et les esprits des Syriens.

Les minorités qui se sentent menacés par des groupes tels que le Front el-Nosra doivent être soulagés d’apprendre que le gouvernement a coupé leurs principales voies d’approvisionnement entre la frontière turque et Alep.

Jarrah : C’est tout à fait possible mais ce serait une grave erreur. S’ils veulent survivre, les chrétiens et les autres minorités n’ont d’autre choix que renouer des liens avec les musulmans sunnites. Si elles se laissent séduire par les beaux discours de M. Al Assad et de la Russie, ces minorités pourraient définitivement compromettre toute possibilité de dialogue avec les sunnites. Mais trop de sang a peut-être été versé. Il est peut-être déjà trop tard.

Existe-t-il aujourd’hui un leader politique – quelqu’un qui comprendrait ce que traversent de nombreux Syriens – qui pourrait rassembler tous les Syriens autour d’un nouveau projet pendant la période de transition ?

Jarrah : Non, et c’est un gros problème. La faible opposition n’a pas réussit à construire un État. Daech (EI), lui, crée un État, tout comme les Kurdes. Pourquoi l’opposition met-elle seulement en place des institutions temporaires et non un véritable gouvernement syrien qui serait une alternative à celui de Bachar Al Assad ? Il n’est pas possible de faire quoi que ce soit depuis la Turquie, les États-Unis ou la Belgique.

Les politiques syriens n’ont aujourd’hui d’autre choix que de prendre des risques.

Les politiques de l’opposition ne cessent de s’exprimer sur la chaîne d’Al-Arabiya mais ils habitent en Turquie alors qu’ils pourraient être à Alep. Les politiques syriens n’ont aujourd’hui d’autre choix que de prendre des risques. Ils ne servent à rien s’ils vivent en Suisse. Et si quelque chose venait à leur arriver, pourquoi leur vie aurait-elle plus d’importance que celles des journalistes, des activistes, des docteurs et des équipes de secours qui sont restés sur place et meurent chaque jour ?

Tous les pans de la société ont payé cher cette guerre, tous sauf l’opposition politique. Elle, c’est bien en sécurité dans un tank américain qu’elle veut rentrer en Syrie.

Article adapté et traduit du néerlandais pas Salomé Laviolette

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