La plus grande manifestation : un revenu équitable pour tous

Un revenu décent pour tous. Partons de ce postulat de base. Quand nous travaillons, nous attendons notre salaire sur notre compte à la fin du mois. Les choses ne sont pas différentes pour les producteurs de cacao, de bananes ou de café. Pourtant, l’agriculteur moyen dans les pays du Sud est très loin de percevoir un revenu décent.

© Fairtrade Belgium

Que feriez-vous si vous deviez travailler très dur pour un salaire qui ne vous permet pas de vivre ? Vous chercheriez un autre travail, peut-être même dans un autre pays si le vôtre n’a pas grand-chose à vous offrir sur le plan professionnel. La migration économique ne devrait donc pas être une surprise, puisque l’on sait que 1 personne sur 9 vit sous le seuil de l’extrême pauvreté.

Un revenu décent est le revenu dont vous avez besoin pour mener une vie décente, « normale » avec votre famille. Cela implique : de la nourriture en suffisance, de l’eau, un logement, l’enseignement, du transport, des vêtements, des soins de santé et autres besoins essentiels, y compris les frais imprévus.

Ceux qui produisent notre nourriture ne peuvent bien souvent pas mettre un repas sur leur propre table.

Près de 800 millions de personnes vivent dans une extrême pauvreté, soit moins de 1,6 euro (ou $1,9) par jour. Les trois quarts sont des familles de paysans. Ceux qui produisent notre nourriture ne peuvent bien souvent pas mettre un repas sur leur propre table.

En 2013, la Banque mondiale a intégré deux Objectifs de développement durable dans son propre plan : 1) Éliminer l’extrême pauvreté d’ici 2030 et 2) Promouvoir une croissance économique et un travail décent, partager la prospérité en augmentant les revenus des plus pauvres. Dans “Key findings of Poverty and Shared Prosperity 2016: Taking on Inequality” il est affirmé que:

Afin d’éradiquer la pauvreté d’ici 2030, malgré le ralentissement de la croissance économique, nous devons réduire l’inégalité des revenus dans les pays qui comptent le plus de pauvres. Si ces pays agissent de manière stratégique pour réduire cette inégalité, ils sortiront plus de personnes de la pauvreté, plus rapidement. Au fil du temps, ils amélioreront probablement aussi leur santé, leur éducation, la compétitivité de leur main-d’œuvre, augmenteront les opportunités pour les femmes et assureront une croissance économique plus durable.

Pour pouvoir mettre un revenu international décent en perspective, Gapminder, l’organisation de Hans Rosling, a mis au point Dollar Street. Il s’agit d’un outil fantastique qui vous permet de regarder dans 264 maisons, dans 50 pays. Vous pouvez zoomer sur la salle de bain d’une famille, sa chambre à coucher, ses vêtements et même ses brosses à dents. On y trouve également une sélection de 135 photos de membres de la famille et d’objets, par ménage, dans le monde entier.

Selon Rosling, Professeur de santé internationale, il n’est pas impossible d’éliminer l’extrême pauvreté d’ici 2030. Dans sa présentation “Don’t panic, end poverty” , il explique comment nous pouvons éliminer les cas de pauvreté les plus graves dans le monde en une génération. Il centre son action sur les soins de santé, l’enseignement et l’aide internationale.

Fairtrade, une façon structurelle de lutter contre la pauvreté

Le « Commerce équitable » a vu le jour dans les années 50 (pour prendre ensuite le nom « Max Havelaar », puis « Fairtrade ») en partant de l’idée que chacun a droit à un revenu décent. Il s’agit d’un modèle commercial différent, fondé sur le principe que chaque maillon de la chaîne d’approvisionnement apporte sa contribution et mérite sa part. Du commerce, pas de la simple charité, basé sur un prix minimum et une prime équitable à investir dans une production durable et dans des projets sociaux (enseignement, soins de santé, infrastructure, …).

© Fairtrade Belgium

Il semble en soi très logique qu’un agriculteur reçoive un prix équitable pour la vente de ses produits, mais quand on sait que souvent, ce n’est déjà pas le cas en Belgique, il n’est pas étonnant que ce soit encore moins le cas dans le Sud. La plupart des produits que nous trouvons en magasin et que nous consommons contribuent à entretenir cette pauvreté. En effet, des millions de producteurs dépendent de nos modèles de consommation et tant que nous n’opterons pas en masse pour des produits équitables et durables, ce cercle vicieux ne pourra être brisé.

Fairtrade octroie aux producteurs un prix minimum fixe pour leurs produits, mais même cette pratique ne garantit pas un revenu décent.

Fairtrade octroie aux producteurs un prix minimum fixe pour leurs produits, mais même cette pratique ne garantit pas un revenu décent. Pourquoi ? Les raisons sont diverses ; la loi du libre marché qui place les petits producteurs en position de faiblesse, des structures organisationnelles inefficaces, la réglementation, des contextes défavorables aux alternatives et aux solutions, etc. Mais nous pouvons toutes les regrouper dans une raison principale: Fairtrade touche toujours un marché de niche. Les produits non équitables qui circulent sont beaucoup plus nombreux que les produits équitables. Tant que Fairtrade ne sera pas la norme, les producteurs Fairtrade n’auront pas assez de débouchés, ils seront obligés de vendre une part de leur production à des prix inférieurs et ils ne pourront pas obtenir leur prix minimum et leur prime.

Fairtrade Belgium organise la plus grande manif jamais vue en Belgique. Tous les belges font entendre leur voix en faveur d’un revenu décent pour tous. Parce qu’1 personne sur 9 vit toujours sous le seuil de pauvreté, dont les ¾ sont des familles d’agriculteurs, et que nous pouvons lier directement ce phénomène à nos modèles de consommation.

Nous ne devons pas choisir les produits les moins chers, mais les meilleurs, au prix juste, faits par et pour des gens. C’est ce pour quoi nous manifestons.


www.laplusgrandemanif.be
Que pouvez-vous faire en tant qu’individu ? C’est très simple : choisissez Fairtrade ! Le pas est vite franchi. Dans les supermarchés, choisissez des bananes, du café, du chocolat, des jus, du thé, etc. portant le label Fairtrade (plus de 1600 produits Fairtrade sont déjà disponibles en Belgique !). Incitez vos collègues, managers, étudiants, enseignants, élèves, parents, grands-parents, amis et tout le monde à faire de même. Ne fut-ce que sous la forme d’une manifestation positive. Chaque choix de consommation que vous posez a un impact qu’il ne faut pas sous-estimer. Ne souhaitons-nous pas tous des produits sains, meilleurs et plus équitables ? L’objectif serait de ne même plus devoir y penser, que nos supermarchés et magasins proposent des rayons entiers de produits éthiques et durables plutôt que le contraire. Quel soulagement moral ce serait !

Il ne s’agit pas uniquement de commerce mais aussi de changement climatique, de migration économique, de conflits sur les matières premières, etc. Tout est lié à notre façon de consommer. Ce que nous mangeons et les vêtements que nous portons au quotidien a un effet direct sur la faim dans le monde, la quantité de déchets, le travail et l’esclavage d’enfants, le renversement de leader mondiaux, les guerres et toutes ces choses que nous voyons tous les jours à la télévision mais que nous ne préférerions pas voir.

Il est maintenant temps de prendre les choses en main. Cela suffit de pointer du doigts d’autres coupable ou de vouloir faire l’autruche. Cette génération-ci décide de l’avenir de notre monde et sans vouloir vous ajouter du stress, l’heure tourne. Il n’est pas nécessaire de descendre dans les rues, de monter des barricades, ni d’être fâché ou indigné tout en regardant ce spectacle impuissant. Nous pouvons faire la différence : ‘sois le changement que tu veux voir dans le monde’ et cela peut commencer tout simplement en choisissant des produits Fairtrade, locaux et bio en magasin. Ne consommons pas toujours plus et moins cher mais consommons mieux.

Ne soyons pas contre mais pour une chose. Une manifestation positive et pacifique sous la forme d’un choix, là où son impact est le plus important : dans les magasins.

© Fairtrade Belgium

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