Les changements climatiques menacent notre petite tasse de ‘réconfort’

L’avenir de plusieurs produits de base en provenance du Sud est menacé. Et notre tasse de café fumant tant aimée figure parmi ceux-ci. Des simulations visant à évaluer les effets du réchauffement climatique sur la production de café ont en effet livré des résultats alarmants. 

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Selon Peter Baker, expert en la matière, les simulations restent très incertaines. Ce qui est sûr, c’est qu’il va faire beaucoup plus chaud dans les régions productrices. Certaines régions deviendront plus sèches, alors que d’autres, en revanche, recevront plus de précipitations. Les termes ‘irrégulier’, ‘plus’ et ‘extrême’ sont désormais les mots clés utilisés lorsqu’on parle de changement climatique.

Des consultations menées auprès des producteurs, il ressort qu’ils en sont parfaitement conscients : les changements climatiques sont invariablement cités comme la plus grande menace pour la production de café.

Les effets du changement climatique sont aujourd’hui déjà visibles. En Amérique latine, l’épidémie de rouille du caféier (en 2012 et 2013) a entraîné la perte des récoltes. En Afrique de l’Est et au Vietnam, on observe des problèmes de sécheresse et un changement dans les cycles de précipitations. 

Les effets du changement climatique sont aujourd’hui déjà visibles.

L’industrie du café, les ONG qui y sont liées ainsi que les autorités publiques s’accordent depuis longtemps pour dire que de gigantesques investissements seront nécessaires si l’on veut pouvoir offrir au producteur de café de véritables perspectives d’avenir et ainsi sauver la production de café. C’est pourquoi l’industrie du café, avec l’appui de diverses autorités, d’ONG et d’autres partenariats (des fonds publiques-privés), a lancé plusieurs projets climatiques afin de soutenir les producteurs, par exemple, dans leurs efforts pour rajeunir leurs plantations.

Ceci, en recourant, entre autres, à des variétés de caféiers plus résistantes, capables de générer un plus grand rendement à l’hectare. L’agroforesterie, à laquelle la production de café se prête très bien dans bon nombre de régions, est quant à elle aussi fortement encouragée et soutenue. En utilisant des arbres plantés pour créer de l’ombre, on peut ainsi atténuer en partie la hausse de température dans la plantation.

L’éléphant dans le magasin de porcelaine

La production de café n’est pas seulement victime du réchauffement climatique, mais elle en est aussi la cause. Le Vietnam a, au cours des 6 dernières années, encore considérablement accru sa production de café et ce, au détriment de la forêt. Sa production a ainsi augmenté de 9,5 millions de sacs en l’espace de 6 ans, ce qui représente une hausse de 55 % du niveau de production, déjà élevé, du Vietnam en 2009 et 2010.

Les grands acteurs du café continuent de miser sur le Vietnam. C’est ainsi que plusieurs sociétés de café ont investi en 2015 plus de 100 millions de dollars dans le secteur du café vietnamien. 
Une autre conséquence de cette rapide expansion de la production à bas coûts, c’est que le prix dans d’autres parties du monde, dont l’Afrique, reste non rentable. 

D’abord un prix juste et équitable, ensuite investir dans des projets climatiques

Dans beaucoup de régions caféières, les rendements de café par plant ou à l’hectare sont beaucoup trop bas. C’est ainsi qu’une plantation de café tanzanienne est 10 fois moins productive qu’une plantation vietnamienne. De vieux plants et des plantations non suffisamment entretenues, combinés à un sol appauvri, conduisent à un faible niveau de rendement, en plus de rendre les plants très sensibles aux maladies.

Si l’on veut pouvoir résister au réchauffement climatique, il est tout à fait primordial que le producteur de café reçoive un prix juste et équitable.

Si l’on veut qu’à l’avenir, les plants puissent faire face à la pression des aléas climatiques, nous devons résoudre le problème agronomique : les caféiers ont besoin de nutriments et d’engrais, mais le prix actuel du café est trop bas, de sorte que pour le petit producteur, une fois qu’il a vendu ses quelques sacs de café, il ne reste rien pour investir dans la production de la prochaine récolte. 

Contrairement à d’autres pays dans la région, la Colombie avait déjà précédemment – avant 2010 – été touchée par la rouille. Entre-temps, les plantations aujourd’hui renouvelées sont déjà en pleine production. Les producteurs colombiens ont réussi, grâce au rajeunissement des plantations et à l’introduction d’une variété résistante, plus productive, à fortement augmenter leur rendement à l’hectare. Ils ne parviennent toutefois pas, aujourd’hui encore, à couvrir leurs frais.

Avec le prix peu élevé du café actuellement pratiqué sur le marché, il est impossible pour les producteurs de café dans la plupart des régions de se préparer, grâce à des investissements ciblés et nécessaires, aux changements climatiques. Or, produire de façon durable a un prix. Si l’on veut pouvoir résister au réchauffement climatique, il est tout à fait primordial que le producteur de café reçoive un prix juste et équitable. Ce n’est que de cette façon que les projets climatiques, qui accompagnent et orientent le commerce, auront quelque chance de succès.

Raf Van Den Bruel, Fairtrade Belgium, à l’occasion du Fairtrade Challenge de 12-15.05.

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