La coalition contre la faim appelle à accorder davantage d'attention à l'agroécologie

CC Trocaire (CC BY 2.0)

 

Seuls 16 % des projets agricoles de la Coopération belge au Développement lancés entre 2013 et 2017 soutenaient l’approche agroécologique alors qu’elle possède de nombreux atouts susceptibles d’éradiquer la faim dans le monde. L’agroécologie peut également  largement contribuer  à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).

En dépit des progrès technologiques, les réserves alimentaires mondiales continuent à faire cruellement défaut. Depuis 2015, le nombre de personnes vivant dans l’insécurité alimentaire aigüe est en augmentation.

Aujourd’hui, elles sont plus de 800 millions. En outre, 2 milliards de personnes souffrent de « faim cachée », c’est-à-dire de carences en micronutriments.

L’approvisionnement alimentaire représente également 19 à 29 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et constitue donc un perturbateur climatique majeur. Par ailleurs, l’agriculture consomme 70 % du total de l’eau disponible.  Il est donc surprenant de constater que les petits agriculteurs représentent 50 % des personnes sous-alimentées.

Changement de paradigme

Selon l’IPES-Food - le Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables — ces problèmes résultent des deux systèmes agricoles dominants dans le monde : l’agriculture de subsistance d’une part, et l’agriculture intensive d’autre part. L’une concerne les petits agriculteurs disposant de peu de ressources et d’un accès limité aux marchés, l’autre, l’agriculture hautement mécanisée, présente une faible diversité génétique et des intrants externes élevés (engrais, pesticides, combustibles fossiles,…). Aucune des deux n’est durable. Néanmoins, des solutions existent.

Selon l’IPES-Food, nous devons évoluer vers une agriculture agroécologique diversifiée. Par « agroécologie », nous entendons un système agricole bien élaboré, inspiré de la nature : une grande diversité de plantes, d’arbres et d’animaux, vivant en parfaite synergie ; une réutilisation aussi large que possible et donc un intrant externe limité ; un soin optimal du sol, etc.

L’agroécologie vise également à renforcer les capacités des agriculteurs et à utiliser leurs connaissances traditionnelles. Elle s’efforce de reconnecter les producteurs et les consommateurs au moyen d’une économie circulaire et solidaire à part entière. En bref, l’agroécologie peut contribuer de manière essentielle au changement de paradigme nécessaire de nos systèmes alimentaires.

De nombreux avantages

500 000 agriculteurs Indiens ont vu leur production augmenter de 20 % et leur revenu net de 50 %

« Plusieurs études ont déjà démontré les nombreux avantages de l’approche agroécologique », déclare Emile Frison de l’IPES-Food. « En Europe et dans le Sud, la production a augmenté de 15 à 110 %. Dans l’Andra Pradesh (en Inde), 500 000 agriculteurs ont vu leur production augmenter de 20 % et leur revenu net de 50 %. Cette méthode présente également des avantages environnementaux.  

L’approche agroécologique permet, par exemple, de stocker davantage de carbone dans le sol, de contribuer à l’augmentation de la biodiversité ainsi qu’à la restauration des terres dégradées. De plus, les « services écosystémiques » tels que la pollinisation, le cycle de l’eau et la gestion des maladies s’améliorent. Les régimes alimentaires s’assainissent et l’emploi augmente. »

502 projets agricoles

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) encouragent également l’approche agroécologique.  La coalition contre la faim, composée d’ONG belges, toutes partenaires de la Coopération belge au Développement, soutiennent également l’approche agroécologique. La coalition a fait le test et a analysé « l’Aide publique au Développement belge » (APD) entre 2013 et 2017. En tout, elle a examiné 502 projets agricoles représentant un total de 1,2 milliard d’euros.

L’étude a montré que seuls 16 % des projets gouvernementaux soutiennent l’agroécologie. Parmi ceux-ci, les projets de l’agence belge de développement (Enabel) n’atteignent que 8 %. Pour les contributions aux organisations multilatérales, qui représentent la moitié du financement total, seuls 3 % des fonds ont été alloués à l’agroécologie.  C’est sans surprise  que la coalition a constaté que près de la moitié des projets que proposent les ONG soutiennent une approche agroécologique.

Les recherches montrent clairement le manque d’attention qu’accorde la Coopération belge au Développement à l’agroécologie

La Belgique en tête de file ?

Selon la coalition contre la faim, les recherches montrent clairement le manque d’attention qu’accorde la Coopération belge au Développement à l’agroécologie. Elle préconise donc que la Belgique, à l’instar de la France et de la Suisse, devienne un pionnier de l’agroécologie. La coalition estime que nous disposons d’une expertise plus que suffisante à cet égard, que ce soit dans les universités ou au sein des ONG. La coalition souhaite également que la Belgique revoie sa stratégie de coopération au développement dans le secteur agricole. D’ici 2023, le nombre de programmes basés sur une approche agroécologique devrait doubler, passant ainsi de 16 % (2013-2017) à au moins 32 % (2023).

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