La souffrance cachée des femmes yézidies

L’année passée, Daech (EI) a violé et asservi des milliers de femmes yézidies. Certaines d’entre elles ont réussi à s’échapper. Elles sont rentrées en Irak du Nord : malades, brisées et gravement traumatisées.

Il fait plus de trente degrés dans la chambre, et pourtant, Aniya frissonne. De temps en temps, elle tamponne la sueur qui lui colle au front à l’aide de son léger voile noir, ou se frotte vigoureusement les mains. « Il m’a violée », dit-elle au début de la conversation, assise sur un canapé fleuri assez kitsch. « Et ma petite fille de trois ans a tout entendu, parce qu’elle était dans l’autre chambre. Elle pleurait et hurlait car elle savait que quelque chose ne tournait pas rond mais, lui, il n’en avait rien à faire. Et moi ? Je n’avais que mes larmes pour pleurer. »

Il n’est pas clair d’emblée à qui ce « il » correspond. En effet, Daech (EI) a forcé à deux reprises Aniya à se marier avec l’un de ses militants. Le premier s’appelait Abou Safouan. Il avait 22 ans, alors qu’elle en avait 41, mais l’écart d’âge ne l’avait pas empêché de les acheter, elle et sa petite fille, sur l’un des marchés aux esclaves de Raqqa, capitale autoproclamée de Daech (EI) en Syrie, où elle et d’autres femmes yézidies avaient été amenées. Aniya croyait que, vu son âge, ils la laisseraient tranquille et respecteraient le fait qu’elle soit mariée et qu’elle ait des enfants, mais rien n’était moins vrai.

Pour Daech (EI), peu importe si les femmes sont mariées ou vierges, s’il s’agit de petites filles ou de femmes du troisième âge : toutes sont systématiquement violées.

« Lors de l’enlèvement, j’ai rapidement poussé mon autre petite fille de sept ans dans les bras d’une voisine, une parente éloignée qui a été capturée au même moment que moi. “Tiens, lui ai-je dit, avec un enfant, ils croiront que tu n’es plus vierge. Ils te laisseront partir. ”» Mais pour Daech (EI), peu importe qu’une femme soit mariée ou vierge. Pendant vingt jours, Abou Safouan a maltraité et abusé d’Aniya. Ensuite, elle a été revendue à un homme barbu de 27 ans qui disait s’appeler Abou Ali Cham. Lui aussi était membre de Daech (EI).

« À un moment donné, j’ai voulu arrêter de prendre des douches, dans l’espoir qu’il me laisse tranquille. J’espérais vraiment que ça fonctionne, mais il continuait de me violer. Il disait que si je le repoussais, ou si j’essayais de m’enfuir, il nous tuerait toutes les deux, moi et ma petite fille. Je le croyais, car lorsque je suis allée au magasin quelques jours plus tard, j’ai vu de mes propres yeux des femmes se faire abattre en rue. Comme si de rien n’était », ajoute-t-elle. Une larme coule de sa joue.

Nous sommes dans un centre pour femmes à Duhok, une ville située en région kurde, en Irak du Nord, où les femmes yézidies rescapées nous racontent tour à tour leur histoire. Dans la pièce, on perçoit une légère odeur de transpiration, qui devient plus forte dès que la climatisation lâche pour la énième fois. Dans le séjour à côté, des dizaines de femmes entrent et sortent, vêtues de longues jupes défraîchies et de voiles légers. Il y a un étrange contraste entre ces femmes et notre interprète locale, qui porte des boucles d’oreille étincelantes, une grosse couche de maquillage et des escarpins à hauts talons. Mais indépendamment de leur apparence, toutes ces femmes ont le même regard triste, même notre interprète yézidie.

Les femmes accueillies dans ce centre sont presque toutes originaires de Kojo, l’un des villages situés dans les monts Sinjar. Le 15 août 2014, Daech (EI) a envahi ce village kurde habité par les yézidis. Les hommes et les femmes sont séparés. Des centaines de femmes et de jeunes filles ont été enlevées par Daech (EI). Les garçons, eux, ont été emmenés dans des camps d’entrainement djihadistes. Quant aux hommes, parmi lesquels le bien-aimé d’Aniya, ils ont été exécutés en masse. « Ici, les femmes n’ont plus de mari. Nous sommes toutes abandonnées à nous-mêmes », explique-t-elle.

Marchés aux esclaves

Les histoires de ces femmes montrent que le viol systématique de femmes et de jeunes filles yézidies est profondément enraciné dans la structure et dans l’organisation de Daech (EI). Elles décrivent avec quel soin la vente des esclaves était organisée. Les femmes et les jeunes filles yézidies étaient hébergées dans des locaux abandonnés, comme des écoles à Mossoul ou des marchés aux esclaves à Raqqa. Les noms des femmes les plus jeunes et les plus belles étaient inscrits sur une liste à part : elles étaient les premières à être vendues à des combattants de Daech (EI).

« Les femmes plus âgées étaient transportées de lieu en lieu, jusqu’à ce que quelqu’un fasse une offre pour elles ou qu’elles soient « données en cadeau » à d’autres membres de Daech (EI). Les jeunes femmes vierges étaient choisies beaucoup plus tôt », raconte Nevin, une femme en fin de vingtaine qui elle aussi a été faite prisonnière par le groupe terroriste.

Tous les jours, Nevin voyait des femmes arriver par autocars entiers avant d’être expédiées vers d’autres villes, pour y être vendues aux marchés aux esclaves.

Peu après son enlèvement, on l’a emmenée dans une école abandonnée de Mossoul. Tous les jours, elle voyait des femmes arriver par autocars entiers avant d’être expédiées vers d’autres villes, comme Raqqa, pour y être vendues comme esclaves.

« La situation dans l’école était horrible. Nous étions des centaines à dormir à même le sol, et nous n’avions rien à manger ni à boire. C’était un lieu dégoutant, entouré de murs en béton. J’ai fini par tomber gravement malade, et, mentalement, ce n’était pas non plus évident. Les militants de Daech (EI) ont donc décidé de m’ignorer », dit-elle.

« L’école servait en fait de centre de transit mais, là aussi, les jeunes filles et les femmes étaient régulièrement violées et abusées », se rappelle Nevin. « Chaque jour, ils en choisissaient quelques-unes et les emmenaient dans des chambres à part. Ces jeunes filles et femmes de tout âge, âgées de sept à septante ans, étaient droguées avant d’être violées, la plupart du temps par plusieurs hommes à la fois. Et quand ils avaient fini, ils battaient leurs victimes à coups de bâtons et de tuyaux d’arrosage, tout en hurlant : “Lève-toi, cesse de pleurer, tu sais que c’est tout ce que tu mérites.”»

Alors qu’elle décrit ces atrocités, Nevin parle doucement, sans même tressaillir, comme si elle nous lisait un passage captivant tiré d’un roman à suspense. Les yeux noirs de Nevin laissent transparaître peu d’émotion, jusqu’au moment où elle raconte ce qui se passait lorsqu’une jeune fille était ramenée dans le groupe par les terroristes. Ces moments étaient épouvantables. Que dire à sa petite voisine, quand celle-ci vient d’être violée ?

« Souvent, nous parlions de suicide, et nous imaginions toutes sortes de scénarios. En plongeant dans le lac avoisinant, nous pourrions nager vers le fond jusqu’à nous y noyer. Ou nous pourrions nous immoler par le feu », dit-elle, tout en poussant un profond soupir. « Ces projets n’ont cependant jamais été mis à exécution. Car Daech (EI) voyait et savait tout, même que nous ne faisions que penser au suicide… »

Selon les organisations de défense des droits de l’Homme actives en Irak du Nord, il n’est pas inhabituel que des femmes yézidies, traumatisées, se suicident. Certaines d’entre elles le font dans le seul but d’échapper à Daech (EI). D’autres se donnent la mort une fois libérées, parce qu’elles ne parviennent pas à se remettre de leurs traumatismes. C’est un sentiment que connaît Aniya. « Je me suis souvent dit : si je me tue, je suis libre. Si je ne suis pas passée l’acte, c’est à cause de mes enfants. Encore aujourd’hui, c’est pour eux que je m’accroche à la vie, même si je pense encore régulièrement au suicide. »

L’évasion

La Seed Foundation, une organisation caritative basée dans la ville d’Erbil (à une centaine de kilomètres à l’est de Mossoul, dans le Nord de l’Irak) estime que, en juin, près de 2.093 yézidis, parmi lesquels 1.332 femmes, étaient parvenus à échapper à Daech (EI). Des familles et des organisations kurdes collectent de l’argent pour racheter les yézidis retenus captifs. En ce qui concerne Aniya, elle a réussi à s’échapper de ses « maris » après huit mois de séquestration. En juin, elle et d’autres femmes yézidies, notamment sa petite fille et une ancienne voisine, ont été sauvées par des passeurs infiltrés dans l’organisation terroriste.

D’autres femmes s’évadent par leurs propres moyens. C’est le cas de Samira (20 ans), une jeune femme fragile mais énergique, avec des taches de rousseur et des cheveux blond foncé. Elle est également hébergée dans le centre pour femmes. Alors que Daech (EI) la transportait d’un lieu à l’autre, elle a réussi à prendre la fuite. Elle s’est alors cachée dans une maison pendant six jours au moins avec d’autres yézidies. Puis un beau jour, la région a été bombardée. Tout le groupe est sorti en courant, en direction des montagnes.

« Puisque j’étais toujours en région kurde, je savais exactement où aller », déclare-t-elle non sans fierté. « Au bout d’un certain temps, nous avons aperçu au loin les peshmergas. Ce sont eux qui nous ont conduites jusqu’à Duhok. »

Samira fait partie des femmes qui semblent être sorties presque indemnes de cet enfer. Lorsque des membres de Daech (EI) ont assailli son lieu de naissance, ils lui ont demandé si elle était mariée. Samira a répondu par l’affirmative en leur montrant fièrement, presque par provocation, l’alliance qu’elle portait au doigt.

« Je leur ai dit aussi que j’étais enceinte de deux mois, mais ils ne m’ont pas crue. »

« J’ai essayé de me rendre aussi laide que possible en étalant de la boue sur mon visage. “Qu’est-ce qu’il t’est arrivé?”, m’ont demandé les terroristes, sans cacher leur répulsion. Je leur ai aussi raconté que j’étais enceinte de deux mois, mais ils ne m’ont pas crue. Beaucoup de jeunes femmes disent cela en espérant qu’ils les laissent tranquilles », raconte Samira. Elle explique que, d’habitude, les membres de Daech (EI) attendent les prochaines menstruations d’une femme pour être certains qu’elle n’est pas enceinte. « Car personne ne veut acheter une femme qui attend un enfant. »


Les travailleurs humanitaires signalent que les femmes yézidies sont avant tout utilisées en tant qu’esclaves sexuelles, même les jeunes filles qui viennent d’atteindre la puberté. Behar Ali, directrice de l’ONG pour femmes Emma, a récemment rencontré une petite de neuf ans ayant été violée à plusieurs reprises par un guerrier adulte de Daech (EI). La petite fille a finalement été sauvée, revendue, et ramenée en Irak du Nord.

« Elle était vraiment mal en point. Elle avait l’utérus et les trompes de Fallope complètement infectés. Elle a survécu l’opération de justesse. Ce genre d’histoires vous fend le cœur. »

La honte

Lorsque les femmes victimes de Daech (EI) sont sauvées et rentrent en Irak du Nord, elles sont brisées, malades et gravement traumatisées. Pourtant, la plupart d’entre elles parlent ouvertement des horreurs qu’elles ont subies. Certaines ont besoin d’une oreille attentive. D’autres estiment que le monde doit savoir ce qui a été infligé au peuple yézidi. « Pourquoi est-ce que le monde ne nous aide pas ? Regardez ce que Daech (EI) nous fait subir. » Ce sont des mots que l’on entend régulièrement dans le centre pour femmes.

La franchise de ces femmes est remarquable. Les yézidis ont toujours été une communauté conservatrice. Ses membres croient en la pureté du sang : ainsi, les yézidis ne sont pas autorisés à se marier en dehors de leur communauté, et ils ont un profond respect pour la chasteté et l’honneur. Le fait que, en ce moment, tant de femmes yézidies reviennent violées, est un thème particulièrement délicat dans leur société : d’une part, il y a beaucoup d’empathie, mais de l’autre, les codes tribaux anciens y sont toujours d’actualité. Aussi n’a-t-il pas fallu longtemps pour que le chef spirituel de la communauté yézidie, le Baba Cheikh, fasse une déclaration dans laquelle il encourageait la population à accepter les femmes abusées par Daech (EI).

« Les survivantes sont aujourd’hui encore de pures yézidies », déclare-t-il. « Ce n’est pas de leur faute. Nous encourageons tout le monde à soutenir les victimes, afin qu’elles puissent reprendre une vie normale et s’intégrer dans la société. »

Pour certaines victimes, cependant, la souffrance est encore trop vive. C’est le cas de Djinan (35 ans), une yézidie célibataire qui continue de nier qu’elle a été violée par Abou Mochtar, le guerrier de Daech (EI) qui l’avait achetée. Elle raconte qu’elle a été utilisée comme esclave du ménage et décrit une vie à l’intérieur d’une maison où des guerriers ne cessaient d’entrer et de sortir, et où la porte était fermée à clé, de jour comme de nuit.

« Il habitait une grande maison à Raqqa, entièrement équipée. Je crois qu’il avait volé la maison à des Syriens locaux et qu’il occupait une position importante dans l’organisation de Daech (EI) », dit-elle, avant de décrire ses tâches : laver, cuisiner et repasser. « Mais pour lui, ce n’était jamais suffisant. Il me battait quotidiennement dans la chambre. En plus, je ne le comprenais qu’à moitié, puisque je ne parle presque pas arabe. C’était un homme agressif, mais il ne m’a jamais violée, non. »

Djinan fait une petite pause et boit une gorgée de café. Quelques gouttes tombent sur son chemisier noir. Sa conversion forcée à l’islam n’a pas fait pas de différence non plus. « Ils nous considéraient comme un cadeau, vous comprenez ? Ils croient qu’ils ont tous les droits, parce qu’à leurs yeux, nous ne sommes que des incroyantes », dit-elle avec un regard pénétrant.

L’interprète locale tripote sa boucle d’oreille scintillante. « Ce qu’elle veut dire, c’est que Daech (EI) voit les femmes incroyantes comme une récompense sexuelle, » dit-elle à voix basse, bien qu’aucune des femmes yézidies ne maîtrise l’anglais.

Des avortements secrets

Les femmes qui reviennent des territoires contrôlés par Daech (EI) sont d’abord amenées à un hôpital de Duhok, où elles passent notamment des tests pour dépister d’éventuelles MST et savoir si elles sont enceintes. Aniya raconte qu’elle aussi a subi un examen médical. On lui a demandé si elle était enceinte. Gênée, Aniya maintient son regard rivé vers le sol. « Les hommes avec qui j’étais mariée de force m’ont donné des pilules pour que je ne tombe pas enceinte. Je ne connais personne qui soit tombée enceinte d’un guerrier de Daech (EI) », répond-elle sèchement.

Les ONG à Duhok reconnaissent que beaucoup de jeunes filles et de femmes reviennent enceintes. Elles se font avorter en cachette ou avalent une pilule abortive.

Tout en tirant sur son voile pour couvrir ses cheveux noirs, Djinan confirme ces histoires. « Lorsque cela se produit, lorsqu’une jeune fille est bel et bien enceinte, je trouve que ses parents doivent l’aider. Il faut vraiment aider ces filles. Toujours », dit-elle avant de poursuivre doucement : « J’ai une fois entendu parler d’une femme yézidie qui était enceinte d’un guerrier de Daech (EI). Mais je n’ai pas la moindre idée de ce qu’elle est devenue. »

Les ONG à Duhok reconnaissent que beaucoup de jeunes filles et de femmes reviennent enceintes. « Elles se font avorter en cachette ou avalent une pilule abortive », raconte « Dawen », membre kurde d’une ONG, qui ne souhaite pas être appelé par son vrai nom. « Je ne veux pas d’ennuis. Il s’agit d’un thème particulièrement délicat. »

En Irak du Nord, l’avortement est illégal, même en cas de viol. Un avortement n’est autorisé que si l’accouchement met la vie de la femme en péril. Certains médecins pratiquent néanmoins des avortements ou fournissent des pilules abortives. Ces pilules proviennent d’Occident, elles sont réceptionnées puis distribuées dans la région par les ONG. Le ministère kurde de la Santé est au courant, mais il ferme pour l’instant les yeux sur la situation.

Il est rare que des femmes yézidies décident de garder l’enfant de leur violeur. Il y a quelques semaines à peine, Dawen a rencontré deux adolescentes yézidies enceintes de guerriers de Daech (EI). « Ces jeunes filles ont été revendues huit fois et ont subi d’innombrables viols. Lorsqu’elles ont retrouvé leur famille, elles étaient terriblement traumatisées. Elles reviennent de l’enfer sur Terre. Si elles avaient dû garder ces enfants, ils leur auraient chaque jour rappelé cette horrible période de leur vie. Cela aurait littéralement été la fin pour elles. »

Un aller sans retour

La nuit tombe déjà, et dans le centre d’hébergement, le silence s’installe petit à petit. Certaines femmes rentrent au camp de réfugiés, d’autres partent pour un autre centre d’accueil. Mais aucune d’entre elles ne pourra rentrer à Kojo, le village où elles avaient jadis mené une si belle vie : toutes les maisons ont été dévastées et ces femmes restent sans nouvelle de leurs maris et de leurs fils. Nombreux sont ceux qui ont été exécutés par Daech (EI) et puis retrouvés dans des fosses communes.

« Les femmes sont réduites en esclavage, et les hommes sont massacrés. Et tout ça parce que nous sommes yézidis. Ce sont de vrais monstres. »

Notre entrevue touche à sa fin et nous nous apprêtons à faire nos adieux lorsque Samira entre dans la pièce. Elle serre dans ses bras sa petite fille, âgée de cinq mois déjà, et caresse sa petite tête duveteuse. La petite glousse doucement. Samira s’assied à nouveau dans le canapé fleuri et lui donne le biberon. Nous lui demandons qui est le père de l’enfant.

« Mon mari. Elle lui ressemble », répond-elle en souriant. C’est la première fois que nous voyons dans le centre un sourire si sincère.

Tout à coup, la climatisation se remet bruyamment en marche. Samira sursaute et le biberon lui échappe des mains. Elle continue de faire tous les jours des cauchemars à cause de Daech (EI). « Je rêve de terroristes qui violent des petites filles et qui décapitent des hommes. Je ne dormirai sans doute jamais plus comme avant. »

Parfois, elle rêve aussi de son mari. Elle ne sait toujours pas ce qu’il est devenu après que Daech (EI) a assailli le village. Elle a depuis longtemps arrêté d’espérer le revoir un jour. Il lui manque énormément. « Je ne le reverrai probablement jamais. Les femmes sont réduites en esclavage et les hommes sont massacrés. Et tout ça parce que nous sommes yézidis. Ce sont de vrais monstres », conclut Samira.

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