Crise des migrants: « No money? No UK! »

Une journée dans la vie des réfugiés à Calais, Dunkerque et Zeebruges. Marie Groot et Ans Brys, ont mangé, couru et attendu aux côtés des jeunes hommes qui attendent la tombée de la nuit pour s’élancer vers la promesse de jours meilleurs. Mais la jungle n’a rien d’un camping de vacances, et chaque nuit ne fait qu’apporter son lot de désillusion.

  • 2 février 2016 – Entre la plage et le port, c’est à un vrai jeu du chat et de la souris auquel se prêtent la police belge et les garçons qui rêvent d’atteindre l’Angleterre. © Ans Brys 2 février 2016 – Entre la plage et le port, c’est à un vrai jeu du chat et de la souris auquel se prêtent la police belge et les garçons qui rêvent d’atteindre l’Angleterre. © Ans Brys
  • 10 janvier 2016 – Tariq (22 ans), originaire du Kurdistan irakien, s’est fait prendre dans le port de Dunkerque alors qu’il se cachait dans une voiture. Il conserve dans la poche de sa veste une lettre de la douane anglaise demandant son arrestation. © Ans Brys 10 janvier 2016 – Tariq (22 ans), originaire du Kurdistan irakien, s’est fait prendre dans le port de Dunkerque alors qu’il se cachait dans une voiture. Il conserve dans la poche de sa veste une lettre de la douane anglaise demandant son arrestation. © Ans Brys
  • 1er  février 2016 – Certains réfugiés illégaux, comme par exemple Kambiz (32 ans) d’Irak, prennent le Tram du littoral. Le voyage de La Panne à Zeebruges dure deux bonnes heures. © Ans Brys 1er février 2016 – Certains réfugiés illégaux, comme par exemple Kambiz (32 ans) d’Irak, prennent le Tram du littoral. Le voyage de La Panne à Zeebruges dure deux bonnes heures. © Ans Brys
  • 30 janvier 2016 – Chaque soir, de larges groupes de migrants traversent un complexe hôtelier, une route et des rails avant de disparaître dans la nuit. © Ans Brys 30 janvier 2016 – Chaque soir, de larges groupes de migrants traversent un complexe hôtelier, une route et des rails avant de disparaître dans la nuit. © Ans Brys
  • 30 janvier 2016 – Les villageois costumés chantent et dansent. Mais après un contact inattendu avec l’un des réfugiés, l’ambiance devient électrique. © Ans Brys 30 janvier 2016 – Les villageois costumés chantent et dansent. Mais après un contact inattendu avec l’un des réfugiés, l’ambiance devient électrique. © Ans Brys
  • 2 février 2016 – Sur le parking, des conteneurs remplis de sodas, de voitures ou de bananes attendent d’être chargés sur les ferrys. Parfois, un migrant parvient à se glisser à l’intérieur d’un conteneur. © Ans Brys 2 février 2016 – Sur le parking, des conteneurs remplis de sodas, de voitures ou de bananes attendent d’être chargés sur les ferrys. Parfois, un migrant parvient à se glisser à l’intérieur d’un conteneur. © Ans Brys
  • 30 janvier 2016 – Toutes les demi-heures, un bus part de l’arrêt de bus Artois en direction du port. © Ans Brys 30 janvier 2016 – Toutes les demi-heures, un bus part de l’arrêt de bus Artois en direction du port. © Ans Brys
  • 30 janvier 2016 – Les réfugiés se mêlent à la population locale, déguisée à l’occasion du carnaval. © Ans Brys 30 janvier 2016 – Les réfugiés se mêlent à la population locale, déguisée à l’occasion du carnaval. © Ans Brys
  • 10 janvier 2016 -  Amraz (20 ans) et Redan (16 ans) viennent du Kurdistan irakien. Ils jouent aux cartes pour tuer le temps. De nombreux mineurs voyagent seuls. © Ans Brys 10 janvier 2016 - Amraz (20 ans) et Redan (16 ans) viennent du Kurdistan irakien. Ils jouent aux cartes pour tuer le temps. De nombreux mineurs voyagent seuls. © Ans Brys
  • 1er février 2016 – Shahin (27 ans), originaire d’Iran, a le regard perdu au loin, bien au-delà des dunes. Une fois le combi de police passé, il tente sa chance. © Ans Brys 1er février 2016 – Shahin (27 ans), originaire d’Iran, a le regard perdu au loin, bien au-delà des dunes. Une fois le combi de police passé, il tente sa chance. © Ans Brys
  • 2 février 2016 – Les garçons descendent des rochers et retournent sur la plage. Ils auront peut-être plus de chance demain. © Ans Brys 2 février 2016 – Les garçons descendent des rochers et retournent sur la plage. Ils auront peut-être plus de chance demain. © Ans Brys
  • 15 novembre 2015 – Omar (28 ans) provient du Kurdistan irakien. Cela fait plus d’un an qu’il vit dans la jungle de Grande-Synthe. Il a aujourd’hui fait une croix sur son rêve de vivre au Royaume-Uni. © Ans Brys 15 novembre 2015 – Omar (28 ans) provient du Kurdistan irakien. Cela fait plus d’un an qu’il vit dans la jungle de Grande-Synthe. Il a aujourd’hui fait une croix sur son rêve de vivre au Royaume-Uni. © Ans Brys
  • 1 février 2016 – Chaque jour, des demandeurs d’asile et des passeurs effectuent des transferts d’argent au point MoneyGram du vendeur de tabac du coin. Selon le commerçant, les sommes en question tournent autour de 2000-3000 euros, soit le coût de la traversée vers l’Angleterre. © Ans Brys  1 février 2016 – Chaque jour, des demandeurs d’asile et des passeurs effectuent des transferts d’argent au point MoneyGram du vendeur de tabac du coin. Selon le commerçant, les sommes en question tournent autour de 2000-3000 euros, soit le coût de la traversée vers l’Angleterre. © Ans Brys

Camp de migrants de Grand-Synthe, Nord de la France. Omar jette les boulettes de viande dans la poêle enduite d’huile d’olive. La viande grésille. La vapeur s’élève vers le plafond bas de la petite hutte, et se mélange à la fumée de cigarette. Assis sur des matelas ou à table, des jeunes hommes fument, discutent et jouent aux cartes. « Bienvenue dans le Mamastar », plaisante Omar. « Vous voulez manger avec nous ? »

Alors qu’Omar retourne les boulettes et sert du thé, un homme baraqué surgit dans l’entrée. Il nous inspecte du regard et dit : « What do you want ? I am the official translator of the jungle » (« Que voulez-vous ? Je suis le traducteur officiel de la jungle»). L’homme va s’asseoir à table. Les autres lui font de la place. Plus un mot.

L’homme commence à parler. D’abord de la guerre en Irak du Nord, c’est de là dont ils viennent tous, et puis des difficultés qu’ils rencontrent ici. Il pointe du doigt un des garçons assis sur le matelas. Il avait essayé de se doucher dans une piscine publique. « Et tu sais ce que les Français ont fait ? » Il se pince le nez, puis fait un doigt d’honneur. « En Angleterre… » Il s’interrompt et attend que tous les regards soient tournés vers lui. « En Angleterre, tout le monde est égal. » À

Comment le sait-il ? A-t-il déjà mis les pieds en Angleterre ? Il secoue la tête. A-t-il essayé ? Sans dire mot, il prend son téléphone portable sur la table et se lève.

À Grande-Synthe, tout le monde a essayé de passer en Angleterre. Certaines personnes ont même essayé plus de cinquante fois par nuit. Lorsqu’on a quitté sa maison à des milliers de kilomètres d’ici, voyagé des semaines durant en voiture, en bateau ou à pied, et payé une fortune, on ne recule pas une fois à 118 km de sa destination, même s’il faut pour ça traverser une clôture et une mer. Lorsqu’on n’est plus qu’à quelques kilomètres de sa famille, lorsqu’on rêve d’un travail et d’un avenir meilleur, on tente sa chance, même si l’on doit pour ça se traîner dans la boue. Si on ne le fait pas, c’est qu’on n’a rien à faire dans la jungle.


10 janvier 2016 – Tariq (22 ans), originaire du Kurdistan irakien, s’est fait prendre dans le port de Dunkerque alors qu’il se cachait dans une voiture. Il conserve dans la poche de sa veste une lettre de la douane anglaise demandant son arrestation. © Ans Brys

Sauf si l’on est un passeur ou un « associé ». Les associés assistent les passeurs, ce sont leurs petites mains : ils coordonnent les opérations, font du chantage et racontent de belles histoires sur la destination qui intéresse le client. Ils disent par exemple que tout le monde est égal là-bas. Parfois, ils ressemblent très fort à leurs clients, car ils sont de même origine et portent les mêmes vêtements, mais ils s’imposent très clairement comme meneurs au sein du groupe et parlent généralement plus de langues que les autres.


10 janvier 2016 — Amraz (20 ans) et Redan (16 ans) viennent du Kurdistan irakien. Ils jouent aux cartes pour tuer le temps. De nombreux mineurs voyagent seuls. © Ans Brys

Les tentatives de passer en Angleterre sont aussi variées que le parcours qui a mené chaque migrant à Grande-Synthe. Tout qui dispose de £2000- 3000 peut se faire mener en 4x4 sur un parking où les passeurs, au volant d’un camion, les attendent. Les familles comptant des enfants essaient plutôt de se cacher dans le coffre d’un particulier. Il est également possible de traverser la Manche en bateau à moteur depuis la Belgique ; selon un reportage britannique effectué en secret, le coût d’un tel voyage s’élèverait à 8000 euros. La grande majorité des migrants se débrouillent cependant tout seuls pour atteindre le port. Ils prennent tout simplement le bus.


30 janvier 2016 – Toutes les demi-heures, un bus part de l’arrêt de bus Artois en direction du port. © Ans Brys

Il y a du monde à l’arrêt de bus Artois, situé dans le quartier résidentiel proche du campement. Une quinzaine de garçons attendent en petits groupes le bus n°1, qui passe toutes les demi-heures et mène vers le port. Un bus s’arrête. Des migrants qui retournent au camp en descendent. Alors qu’ils passent devant nous, ils disent quelque chose qui ressemble à « Belgica ».

Ont-ils tenté de traverser à partir de la Belgique ? Un des garçons tente de répondre mais ils ne trouvent pas ses mots. « Sorry, I don’t smoke English. » Les autres éclatent de rire. Ils vont chercher quelqu’un qui parle mieux anglais. Voilà qui explique que les garçons se soient rendus compte après coup, grâce au gps de leur téléphone, qu’ils s’étaient cachés dans le mauvais camion. « To Belgium. »


30 janvier 2016 – Les villageois costumés chantent et dansent. Mais après un contact inattendu avec l’un des réfugiés, l’ambiance devient électrique. © Ans Brys

Le bus n°1 arrive, toutes les fenêtres sont embuées. Les portent s’ouvrent et l’horrible chant de fêtards saouls attaque soudain nos tympans. « C’est carnaval », explique le chauffeur, l’air fatigué. Les réfugiés montent et se mêlent à la foule de visages grimés et de perruques mal fixées.

Alors que le bus démarre, la plupart des migrants gardent leurs yeux fixés sur le sol. Quelques-uns observent d’un air amusé une jeune fille grassouillette qui chante à pleins poumons dans son tutu jaune fluo.

Le bus freine brusquement, et la jeune fille au tutu tombe. Un des migrants la rattrape juste à temps. Ce contact inattendu la fait sursauter. Elle n’a pas du tout apprécié. Outrée, elle s’approche d’un ami, un type chauve fait de muscles, qui a tout vu. Les veines de son cou sont gonflées de colère. « Je m’en occupe après », lui assure son ami, qui semble soudain avoir dessoulé. « Ils sont trop maintenant. » Les fêtards sortent à l’arrêt suivant. Avant de quitter le bus, la fille en tutu se tourne vers les migrants et leur fait un doigt d’honneur.

Les migrants descendent quelques arrêts plus loin. Ils se hâtent vers un hôtel situé au bord d’un large parking. S’ils voient qu’ils sont suivis, l’un d’eux se retourne. « Many problem. Go back ». Ils traversent rapidement une pelouse, passent entre deux petits bâtiments du complexe hôtelier et disparaissent dans l’obscurité.

Derrière l’un des bâtiments, un cuisinier fume sa cigarette, éclairé par une lampe extérieure. Il travaille dans le restaurant de l’hôtel. Et chaque soir, il voit un groupe de migrants passer à trois mètres de sa porte. Il hausse les épaules et finit sa cigarette.


30 janvier 2016 – Chaque soir, de larges groupes de migrants traversent un complexe hôtelier, une route et des rails avant de disparaître dans la nuit. © Ans Brys

« No money, no UK »

De l’autre côté de la rue, quelques jeunes garçons attendent le bus du retour. L’un d’eux sort un paquet de craquelins de sa veste. Alors qu’il distribue les biscuits, un type, la tête enroulée dans un turban palestinien, sort d’un bosquet. Il court droit vers l’un des garçons et le frappe en plein visage. Sa victime, à terre, ne dit rien.

Le type disparaît, retournant d’un pas rapide d’où il était venu. Une fois son agresseur hors de vue, le jeune garçon touche doucement son nez pour voir s’il saigne. Le garçons aux craquelins tape quelque chose sur son téléphone portable et tourne l’écran vers nous. Nous voyons une phrase écrite en perse puis, juste en dessous, sa traduction : « If you do not pay you don’t go into the arena. No money, no UK ».

Destination Zeebruges, arrêt Strandwijk

Les migrants qui n’ont pas les moyens ou l’envie de s’offrir les services d’un passeur se retrouvent de plus en plus en Belgique. À Zeebruges aussi, il y a des ferrys pour l’Angleterre, entend-on dans le camp. Les chiffres confirment la rumeur : en janvier, 890 clandestins ont été arrêtés à Zeebruges. Le gouverneur de la province de Flandre occidentale, Carl Delacuwé, met en garde contre l’apparition d’un camp de migrants dans la ville portuaire car les entreprises maritimes ont menacé de quitter Zeebruges si la situation persiste.

Une partie des migrants seraient arrivés en Belgique par l’Allemagne grâce à l’aide de passeurs. D’autres viennent des campements de Calais et de Grande-Synthe. Ils prennent le bus n°1 jusqu’à la gare de Dunkerque puis prennent le bus n° 2B vers La Panne. Et là, ils montent dans le tram du littoral, en direction de Knokke, puis descendent à Zeebruges, à l’arrêt Strandwijk.


1er février 2016 – Certains réfugiés illégaux, comme par exemple Kambiz (32 ans) d’Irak, prennent le Tram du littoral. Le voyage de La Panne à Zeebruges dure deux bonnes heures. © Ans Brys

Zeebruges

Il est environ 23 heures et la plage semble abandonnée. Des rafales de vent provenant de la mer font voler du sable sur la digue. Une vieille dame promène son chien, elle avance à petits pas le long des bars et des restaurants de poisson, désertés pendant la basse saison. Une seule enseigne est allumée : « Amiri », un petit marchand de kebabs, . Le propriétaire nous salue depuis le comptoir, et des garçons aux cheveux foncés, curieux, lèvent la tête vers nous. Leurs manteaux d’hiver et leurs grosses bottines les trahissent : ils ne vivent pas à deux pâtés de maison, ils dorment dans la rue.

Le propriétaire est originaire d’Afghanistan. Il explique qu’il parle farsi, la même langue que les jeunes garçons. Ils viennent presque tous les jours manger et boire dans ce snack-bar. Ils prennent une pita et une kriek Mystic, ou une Jupiler. Ils viennent tous de Chiraz, une grande ville du Sud de l’Iran. Là-bas, ils étaient peintre en bâtiment, coiffeur, chauffeur de camion ou commerçant. Ils nous montrent sur leur téléphone portable des photos de leurs enfants et de leur femme, de jolies filles non voilées aux beaux cheveux noirs et aux lèvres pulpeuses.

Que font-ils dans ce snack-bar de Zeebruges ? Pourquoi ne sont-ils pas auprès de leurs proches, en Iran ? Aucun ne dit mot. Un des garçons finit par répondre : « Ayatollah is not good for Christians ». Il raconte que, à cause de sa pratique du zoroastrisme, une religion minoritaire en Iran, il court un grave danger dans son pays. Un autre explique que sa famille vit à Londres. Le garçon assis à côté, lui, veut étudier en Angleterre. Il est difficile de dire si ces objectifs les animent toujours ou si certains ne peuvent tout simplement pas avouer devant les autres qu’ils ont abandonné tout espoir de réussir leur entreprise. Comment faire la différence entre faux espoirs et désespoir profond ?

Le marchand de kebabs ferme à minuit. Le propriétaire baisse le volet tandis que les garçons s’apprêtent à partir. Ils font des doubles nœuds à leurs souliers, remontent leur pantalon et serrent bien leur ceinture. Ont-ils bien pris les biscuits ? Oui. Et les cigarettes ? On en a assez. Un cutter ? Oui. L’expédition peut commencer. Moins de 5 minutes plus tard, nous marchons sur la plage, où un vent violent plaque les oyats sur les dunes. Les lampadaires éclairement timidement la digue déserte. Un des garçons part en éclaireur pour s’assurer que la voie est libre. « Deux combis de police, un tout près et un plus loin », conclut-il.


32 février 2016 – Sur le parking, des conteneurs remplis de sodas, de voitures ou de bananes attendent d’être chargés sur les ferrys. Parfois, un migrant parvient à se glisser à l’intérieur d’un conteneur. © Ans Brys

Une jetée et une route séparent la plage et le port. Pour rejoindre le terrain où les conteneurs attendent d’être chargés sur les ferrys, il suffit de traverser la route et de passer sous des fils barbelés. Mais la police le sait très bien aussi. Sur ces 4 km2, c’est à un vrai jeu du chat et de la souris que se prêtent chaque nuit la police de la province de Flandre occidentale et les jeunes Iraniens.


1er février 2016 – Shahin (27 ans), originaire d’Iran, a le regard perdu au loin, bien au-delà des dunes. Une fois le combi de police passé, il tente sa chance. © Ans Brys

Les migrants escaladent les sombres rochers de la plage et montrent du doigt un passage au niveau de la jetée. Aucun policier en vue. Le coiffeur se lance le premier, comme décidé plus tôt dans la soirée. Il nous salue rapidement, ajuste encore une fois ses gants, et s’engage dans le passage, la tête et les épaules en premier. Son jeans frotte contre le béton et, une fraction de seconde plus tard, il a atterri sur le sol et court vers le parking. Il rétrécit de seconde en seconde, puis disparaît complètement.


2 février 2016 – Entre la plage et le port, c’est à un vrai jeu du chat et de la souris auquel se prêtent la police belge et les garçons qui rêvent d’atteindre l’Angleterre. © Ans Brys

Le reste du groupe le suit du regard, au loin. Soudain, un combi de police arrive, et ils se penchent rapidement. Les ont-ils vus ? Ils échangent des regards. Ils attendent accroupis jusqu’à ce que les lumières bleues se soient suffisamment éloignées mais, au loin, une autre sirène retentit déjà. « Security », lance un des garçons, qui a des yeux d’aigles.

Ces dernières semaines, les mesures de surveillance se sont renforcées, il est désormais plus difficile d’échapper à la police. Le garçon va s’asseoir sur les rochers et tente d’allumer une cigarette, mais le vent est trop fort. Des minutes, non, des heures passent. Parfois, quelqu’un se lève et fixe le passage mais, au loin, le combi de police est toujours là. « No chance », concluent-ils. Un à un, ils redescendent des rochers et reprennent la route de la plage. Ils auront peut-être plus de chance demain.


2 février 2016 – Les garçons descendent des rochers et retournent sur la plage. Ils auront peut-être plus de chance demain. © Ans Brys

Toutes les personnes figurant sur les photos ont donné leur permission d’être photographiées. Pour des raisons de respect de la vie privée, les noms ont été modifiés.

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